Nouveau Plan Saint-Laurent - Québec et Ottawa prêts à faire des changements

Ottawa — Tant Ottawa que Québec se disent prêts à apporter des changements à leur ébauche du nouveau Plan Saint-Laurent (PSL), dont la démarche suscite des critiques dans le milieu écologiste.

«Si tout le monde nous dit que nous n'avons pas identifié les bonnes zones, que nous n'avons pas privilégié la bonne démarche, on va être à l'écoute», affirme en entretien Charles Larochelle, sous-ministre adjoint du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP). M. Larochelle agit comme conégociateur du PSL avec Philippe Morel, directeur général régional d'Environnement Canada (EC) pour le Québec.

M. Morel rappelle que les deux gouvernements sont actuellement «dans un processus de consultation [avec le milieu], alors évidemment qu'on va tenir compte des avis exprimés. Nous avons proposé une démarche, mais si on nous dit d'enlever une zone ou d'en ajouter une, on est prêt à regarder.»

La semaine dernière, Le Devoir a dévoilé les grandes lignes du document de consultation intitulé Élaboration d'une nouvelle Entente Québec-Canada sur le Saint-Laurent, dont on souhaite l'adoption au printemps. Il s'agit en fait du cinquième Plan Saint-Laurent, lancé en 1988. Le PSL vise à regrouper les efforts de conservation, de protection et de restauration de l'écosystème du Saint-Laurent.

Le nouveau plan propose de concentrer les efforts de préservation autour de trois grands thèmes, soit la biodiversité, la qualité de l'eau et la pérennité des usages. Des enjeux qui font l'objet d'un «consensus», a indiqué la semaine dernière le regroupement Stratégies Saint-Laurent. Là où il y a une pierre d'achoppement, c'est davantage du côté de la démarche géographique choisie par Québec et Ottawa.

Les deux gouvernements proposent en effet d'identifier cinq «zones névralgiques» où seront concentrés les efforts de protection du fleuve. Ces zones — Montréal, le lac Saint-Pierre, Québec, l'estuaire maritime (de Tadoussac à Cap-Chat) et les Îles-de-la-Madeleine — laissent à découvert plusieurs sections du Saint-Laurent, dont la région située entre Québec et Tadoussac et toute la péninsule gaspésienne.

Selon Charles Larochelle, cette démarche reflète le besoin de «concentrer les efforts dans des endroits qui nous apparaissent particulièrement menacés, où il y a des problématiques écologiques qui ont davantage d'acuité». L'objectif, dit-il, «est d'optimiser les ressources financières existantes et d'obtenir des résultats tangibles».

Stratégies Saint-Laurent s'inquiétait par ailleurs, la semaine dernière, de ce que certains comités ZIP (zone d'intervention prioritaire) puissent voir leur financement réduit si leurs activités se situent en dehors des zones névralgiques identifiées par Québec et Ottawa. Philippe Morel promet à ce propos que le financement actuel des ZIP sera maintenu, soit «5,5 millions garantis pour les cinq prochaines années». Mais il n'y a pas d'augmentation prévue.