Les conservateurs mènent une politique de la peur, dit Ignatieff

«C’est incroyable: ils [les conservateurs] essaient de faire peur aux Canadiens avec des élections.»<br />
Photo: Agence Reuters Chris Wattie «C’est incroyable: ils [les conservateurs] essaient de faire peur aux Canadiens avec des élections.»

Ottawa — Le discours musclé prononcé mardi par Jim Flaherty n'est rien d'autre qu'une «politique de la peur», selon le chef libéral Michael Ignatieff, qui a ridiculisé hier la surprenante sortie du ministre des Finances.

«M. Flaherty était un peu agité [mardi]. C'était un peu inquiétant de voir le ministre des Finances de notre grand pays dans un tel état», a lancé M. Ignatieff à l'entrée du caucus libéral.

«C'est la politique de la peur, a-t-il ajouté. Ils ont essayé de nous faire peur dans le dossier du recensement. Ils ont essayé de nous faire peur avec des [avions] russes. Maintenant, ils essaient de nous faire peur avec quoi? La démocratie. C'est incroyable: ils essaient de faire peur aux Canadiens avec des élections.»

M. Ignatieff a plus tard lancé la période de questions en accusant le gouvernement de pratiquer une politique de division. «Le ministre des Finances s'est lancé dans une attaque partisane extrême, a soulevé le chef libéral. Il a caché le véritable bilan de son gouvernement — gaspillage, mauvaise gestion et hausse d'impôt pour les contribuables l'été prochain. Quand le premier ministre va-t-il mettre fin à la politique de division et de peur semée par le ministre de Finances?»

À cela, Stephen Harper a rétorqué que, «chaque jour, le chef de l'opposition fait des attaques partisanes à la Chambre des communes». D'un ton offensif, M. Harper a ensuite affirmé que «le chef de l'opposition veut hausser les taxes, les impôts, la TPS, la taxe sur les sociétés, la taxe imposée aux contribuables».

Les «vrais enjeux»

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, s'est mêlé du dossier en dénonçant en Chambre le discours de M. Flaherty, jugé «partisan, alarmiste, voire farfelu». «Au lieu d'échafauder des scénarios catastrophes par l'entremise de son ministre des Finances, pourquoi le premier ministre ne se préoccupe-t-il pas des vrais enjeux, comme la véritable crise économique qui sévit actuellement?», a demandé M. Duceppe.

Le Bloc estime que, si M. Harper «était sérieux, il demanderait à son ministre des Finances de cesser de jouer au bonhomme Sept-heures et de reporter la date-butoir des projets d'infrastructure» financés par le plan d'action économique, qui vient à échéance le 31 mars.

Mardi, Jim Flaherty a prononcé un discours devant le Cercle canadien d'Ottawa où il a accusé les partis d'opposition de vouloir former une coalition qui fera exploser les dépenses de l'État et augmentera les taxes et impôts. Il a soutenu que le déclenchement d'élections mettrait en péril la croissance du pays, sa prospérité et la qualité de vie des enfants. «Tout serait menacé», a lancé M. Flaherty.