Registre des armes à feu - Les conservateurs du Québec voteront pour les négligés

Ottawa — Candice Hoeppner, la députée conservatrice menant la charge contre le registre des armes à feu, ne voit aucun problème à ce que ses 11 collègues du Québec votent en bloc pour son démantèlement, malgré le fort taux d'appui au registre dans la province. Elle estime au contraire qu'ils sont à l'écoute d'électeurs négligés.

Depuis des semaines, les conservateurs pourchassent les 14 députés libéraux et néodémocrates s'étant dits contre le registre des armes à feu, mais qui voteront finalement pour son maintien. Les conservateurs leur reprochent de suivre docilement la ligne de parti et d'écouter leur chef plutôt que leurs commettants. Mais qu'en est-il des 11 conservateurs du Québec? Ils voteront pour le projet de loi de Mme Hoeppner, même si les Québécois sont les citoyens les plus en faveur du maintien du registre des armes à feu, avec un taux d'appui estimé à 51 % (contre 35 % en faveur de son abolition).

«Si vous regardez dans la ville de Québec et à travers les Cantons-de-l'Est, nous avons beaucoup de chasseurs, beaucoup d'agriculteurs qui appuient le démantèlement du registre, a fait valoir Mme Hoeppner hier. Alors, nous pouvons être fiers de nos députés du Québec qui représentent leurs commettants et qui voteront fièrement pour abolir le registre [ce soir].»

C'est donc aujourd'hui qu'est enfin scellé le sort du registre des armes à feu. Une motion libérale, demandant que le projet de loi de Mme Hoeppner ne soit pas étudié plus avant, sera votée. Le camp de l'opposition compte maintenant 153 voix, contre 151 pour les conservateurs, mais il faudra voir si tous se présenteront au vote. Si la motion est adoptée, le projet de loi mourra. Sinon, le projet de loi poursuivra son cheminement parlementaire. Le C-391 devra ensuite passer l'étape du Sénat, où rien n'est garanti.

Des 12 députés néodémocrates ayant au départ voté avec le gouvernement, 11 ont annoncé leurs couleurs, dont six qui ont changé de camp. Seule Niki Ashton, qui représente la vaste circonscription du Nord manitobain, ne s'est pas encore prononcée. Les libéraux mettent la pression sur elle en rappelant que sa circonscription détient un des taux les plus élevés au pays d'incidents impliquant une arme à feu. Il s'y produit 342 incidents par tranche de 100 000 habitants, contre 112 à Montréal, 109 à Toronto et 95 à Vancouver. La moyenne canadienne est de 78 incidents, et celle du Québec, de 69.

Plus tôt en journée, la Coalition pour l'égalité des femmes et les droits de la personne est venue à Ottawa plaider pour le maintien du registre. «Les vies des femmes sont en danger si nous ne le faisons pas», a lancé la coordonnatrice, Claire Tremblay.
3 commentaires
  • Maurice Monette - Inscrit 22 septembre 2010 12 h 59

    Nous transcendons une période favorable à la violence gratuite alors,...

    ...le resserrement des normes pour contrôler la circulation d'armes pouvant occasionner la mort serait à souhaiter.

    Les gens qui ne veulent pas faire enregistrer leurs armes-à-feu se bardent de raisons assez futiles. Mais, il faut penser que nous sommes Ici-Bas pour apprendre à maîtriser nos instincts animaux, pour pouvoir vivre au sein de communautés humaines saines, qui donnent libre cours aux diverses expressions du libre-arbitre de ceux

  • Fernand Trudel - Inscrit 22 septembre 2010 14 h 18

    Enfin on va me décriminaliser dans cet état policier

    La loi a criminalisé 500,000 chasseurs et fermiers paisibles au Québec en plus de dédoubler les lois en vigueur. La gestapo provinciale peut sans mandat pénétrer chez vous s'ils soupçonne que vous avez une arme enregistrée ou non comme elle l,a fait pour Bruce Mortagne en Ontario qui se retrouve en prison pour avoir possédé des armes de chasse non enregistré. Est-ce ce genre d’État policier que l'on veut maintenir sous de fausse impression de sécurité ? Moi je penses que non...

    J'ai suivi un cours de maniement d'armes è feu et j'ai obtenu du ministère de la faune un certificat de chasseur qui est enregistré dans un fichier que la SQ peut consulter. Je dois obligatoirement m'en servir pour obtenir des munitions au magasin ou simplement lever un permis de chasse. DÉjà là, il y avait un contrôle surtout que dans les territoires de chasse les agents de la faune surveillent et nous interpellent pour vérifier.

    Voici qu'un algérien fou fait un massacre dans la Polytechnique pour que Duceppe implore avec ses pleureuses patentées se ennemis de toujours, les libéraux, de passer une loi pour m'obliger à lever un autre permis de possession d'armes qui équivaut au certificat du chasseur provincial et qui est renouvelable aux cinq ans sans avis préalable. Il s'agit que votre permis soit périmé pour être traduit comme un criminel devant les tribunaux comme l'a été un chasseur du Centre-du-Québec dont le nom m'échappe.

    De plus vous devez enregistrer votre arme et la mienne l'est enregistrée en 2008 et en 2010 soit deux fois plutôt qu'une. Pourtant tout armurier doit remplir un registre de vente et de transfert de toute arme et encore là le registre fédéral vient dédoubler les autres. Je ne vous parle pas de la loi pour l'entreposage de nos armes à la maison et du transport entre la maison et le territoire de chasse auquel nous sommes astreints.

    Mais Duceppe aime gaspiller les fonds fédéraux et se plaindre ensuite.

  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit 22 septembre 2010 18 h 46

    Quelle tristesse!

    Ces pauvres députés Conservateurs vont se faire montrer la porte à la prochaine élection. L'amphithéâtre de Québec se retrouve sans financement d'Ottawa, puis le vote sur le registre des armes à feu feront un massacre dans la région de la Capitale. Bonne nouvelle Monsieur Duceppe.