Stephen Harper à l'ONU - Le Canada promet un demi-milliard

«Dans nos efforts pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement, nous devons bien cibler notre action, être pragmatiques, et, par-dessus tout, nous devons rendre des comptes», a déclaré Stephen Harper, hier, devant l’assemblée générale de l’ONU à New York.<br />
Photo: Agence Reuters Mike Segar «Dans nos efforts pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement, nous devons bien cibler notre action, être pragmatiques, et, par-dessus tout, nous devons rendre des comptes», a déclaré Stephen Harper, hier, devant l’assemblée générale de l’ONU à New York.

Ottawa — Pour le premier de ses deux discours devant l'assemblée des nations du monde, le premier ministre Stephen Harper a annoncé hier à New York que le Canada consacrera un demi-milliard de dollars à la lutte mondiale contre la malaria, la tuberculose et le sida. Il s'agit d'une bonification d'environ 30 % de son aide à cet égard.

Stephen Harper a pris la parole dans le cadre de la rencontre sur les Objectifs du millénaire pour le développement, visant à réduire la pauvreté dans le monde. Un des buts de la rencontre était de renflouer, pour les trois prochaines années, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. M. Harper a annoncé que la contribution canadienne sera de 540 millions de dollars.

La somme est considérable dans la mesure où le précédent engagement canadien trisannuel s'était élevé à 412 millions de dollars, mais il ne se compare pas avantageusement à celle d'autres pays. La France, par exemple, a annoncé lundi qu'elle verserait, pour cette même période allant de 2011 à 2013, trois fois plus, soit 1,5 milliard de dollars. L'objectif du Fonds est de recueillir entre 13 et 20 milliards de dollars pour les trois prochaines années.

Reddition de comptes

Le bref discours de M. Harper, lu en fin de journée, a insisté sur la reddition de comptes et sur l'importance pour la communauté internationale de tenir ses promesses. «Des objectifs écrits sont un bon début, mais ce sont nos actions qui comptent vraiment, a-t-il déclaré. Nos propos d'aujourd'hui doivent se traduire en réalités aussi élémentaires que de la nourriture sur la table, ainsi qu'une amélioration de la santé et de la vie des enfants du monde.»

M. Harper a enfoncé le clou en ajoutant: «Nous, pays donateurs, devons tenir nos engagements. Dans nos efforts pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement, nous devons bien cibler notre action, être pragmatiques, et, par-dessus tout, nous devons rendre des comptes. Si nous maintenons le cap, alors, et seulement alors, nous obtiendrons des résultats. Nous verrons des améliorations appréciables: par exemple, une amélioration de la nutrition et de la santé des enfants et un prolongement de leur vie.»

La somme annoncée hier sera prise à même les fonds non encore alloués de l'Agence canadienne de développement international (ACDI), explique l'entourage du premier ministre. Ce qui fait bondir les partis d'opposition, qui n'y voient qu'un déplacement d'argent.

«Ça ne corrige pas le fait que le gouvernement a gelé nos dépenses pour l'aide internationale, une décision honteuse quand on regarde ce que les autres pays sont en train de faire, des pays avec une pire performance économique que la nôtre, souligne le chef du NPD, Jack Layton. C'est évident que ce fonds est essentiel, mais le niveau d'investissement n'est pas au niveau demandé.»
3 commentaires
  • d i a n e - Inscrite 22 septembre 2010 02 h 24

    Une bonification de 30 % pour lutter contre la malaria, et autre maladies...


    A l'ONU, M. Harper a annoncé la participation du Canada pour lutter contre la malaria, la tuberculose et le sida. pour¸
    UN DEMI MILLIARD $$$$$ ! Juste cela?!
    de l'argent des citoyens canadiens!!

    Qu'il fasse le "blod" avec SON argent personnel, c'est son affaire!
    Nous en avons assez de se faire exploiter!... taxer et donner six mois de notre salaire au Gouvernement Fédéral pour par après utiliser l'argent selon leur bon vouloir... pas de comptes à nous rendre...

    Désolé -nous n'avons pas été consultés et nous avons besoin de NOTRE argent - GAGNÉ DUREMENT! PAR LES CITOYENS CANADIENS -
    POUR LES CITOYENS CANADIENS!!

    iL FAUT, DANS L'AVENIR, NOUS "C O N S U L T E R A V A N T DE SORTIR DU PAYS", l'argent des canadiens!...

    Terminé les "histoires", genre Afghanistan, qui ne nous rapporte RIEN, A PART DES BLESSES A VIE, DES MORTS, DES BLESSES PSYCHOLOGIQUEMENT, ETC,!!!

  • François Dugal - Inscrit 22 septembre 2010 09 h 33

    Promesse conservatrice

    L'ONU sait que ce demi-milliard est une promesse conservatrice.

  • Pierre Rousseau - Abonné 22 septembre 2010 11 h 04

    Achat de votes!

    Ne nous méprisons pas, cette tactique de notre cher PM c'est pour acheter des votes pour que le Canada ait un siège au Conseil de sécurité. Il fait face à la concurrence de l'Allemagne et du Portugal et il n'y a que 2 sièges à combler... Bien des pays ne sont pas dupes et savent que le Canada est le porte-voix des États-Unis et d'Israël - son soutien à Israël lors de l'attaque contre le Liban étant une preuve très éloquente - et ils préfèrent des pays un peu moins à la remorque de la politique étrangère d'un autre pays. De plus, le Canada a perdu son lustre au niveau international en devenant un pays agressif qui néglige les missions de maintien de la paix qui faisaient sa bonne réputation et qui néglige les droits de l'homme les plus élémentaires, en particulier en ce qui a trait aux peuples autochtones et aux femmes (référence aux femmes disparues dont on n'a jamais retrouvé la trace, sinon les restes de celles qui avaient été assassinées par Robert Pickton).

    Autre exemple, le traité de libre-échange Canada - Colombie où, malgré les fanfaronnades mensongères du député libéral Brison, les droits de l'homme n'ont pas été véritablement inclus alors qu'on sait que la Colombie, avec un régime d'extrême droite, constitue un pays où les violations massives des droits de l'homme sont impunies et où on retrouve plus de 4 millions de réfugiés internes, chassés de leurs terres par des groupes armés illégaux.

    Dans les circonstances, le Canada n'a pas sa place au Conseil de sécurité car les États-Unis, qui ont un siège permanent, suffisent largement à promouvoir leur politique étrangère.