Registre des armes à feu - Harper met l'opposition en garde

Stephen Harper lors de la période de questions, hier.
Photo: Agence Reuters Chris Wattie Stephen Harper lors de la période de questions, hier.

Ottawa — Le premier ministre Stephen Harper a mis en garde les députés de l'opposition tentés de renier leur promesse électorale en assurant la survie du registre des armes à feu. Ils pourraient le payer cher à la prochaine élection.

«De ce côté-ci de la Chambre, nous sommes fiers de faire ce sur quoi nous avons fait campagne. J'inviterais les membres du NPD à faire preuve du même niveau d'intégrité», a lancé hier M. Harper à la période de questions. C'est demain soir que le sort du registre sera joué à la Chambre des communes. M. Harper a dit vendredi que «le parti [qu'il] dirige ne cessera le combat que le jour où il sera aboli».

Un sixième député du NPD, au départ réfractaire au registre, a accepté hier de changer son vote. Peter Stoffer vient ainsi gonfler les rangs des promoteurs du registre à 153, contre 151 pour les opposants. Encore faudra-t-il que tous se présentent au vote.

Le chef libéral, Michael Ignatieff, dit ne pas craindre pour ses huit députés ayant eux aussi renié leur promesse de mettre fin au registre. Seront-ils punis aux urnes? «Je ne le pense pas. Les Canadiens comprennent que ce pays a besoin de contrôler les armes à feu pour des raisons de sécurité publique», a-t-il déclaré. Selon lui, le Parti conservateur ne tente que de diviser les Canadiens avec cet enjeu au lieu de chercher sincèrement un compromis auquel tout le monde pourrait se rallier.

Quant à Jack Layton, il refuse de s'engager à ce que, désormais, les candidats se présentant sous la bannière du NPD soutiennent le registre. À la dernière élection, une dizaine de candidats s'étaient fait élire en promettant de le démanteler. «Nous avons une longue tradition d'assurer que nos députés peuvent être à l'écoute de leurs commettants, et c'est une tradition importante chez nous», a expliqué M. Layton.

Autre appui

Hier, la nouvelle ombudsman fédérale des victimes d'actes criminels, Sue O'Sullivan, a à son tour indiqué son appui au registre des armes. «Bien qu'il n'existe pas de consensus, la majorité des groupes de victimes ont indiqué clairement que le Canada devrait conserver son registre des armes d'épaule», est-il écrit dans un communiqué de presse. «Le gouvernement a créé ce bureau pour porter la voix des victimes et c'est exactement ce que nous faisons aujourd'hui.»

L'ombudsman est en général une alliée des conservateurs dans la mise en oeuvre de leur programme sur la loi et l'ordre.

Le dernier sondage d'Angus Reid fait état d'un renforcement des positions. Ceux qui veulent l'abolition du registre sont un peu plus nombreux, à 46 % (+2), que ceux qui désirent son maintien (40 %, +5). Le sondage en ligne a été mené les 15 et 16 septembre auprès de 1011 adultes canadiens. Un échantillon probabiliste de la même taille présente une marge d'erreur de 3,1 %, 19 fois sur 20.

À voir en vidéo