Poste de vice-président au CRTC - Luc Lavoie dément les rumeurs

Ottawa — Luc Lavoie est formel: il n'a jamais été approché par le gouvernement pour occuper un poste au CRTC. Le conseiller spécial de Pierre Karl Péladeau se dit «estomaqué» de voir son nom circuler et reconnaît que sa nomination irait «contre le bon sens le plus élémentaire».

M. Lavoie a réagi avec un fort démenti aux propos tenus hier dans Le Devoir par l'ancien vice-président en radiodiffusion du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), Michel Arpin. Ce dernier dit avoir entendu à «de nombreuses reprises» dans les derniers mois que le gouvernement Harper a offert son poste à Luc Lavoie. Selon ces rumeurs, M. Lavoie n'était pas intéressé à un poste de vice-président, lorgnant plutôt la présidence.

Or le principal intéressé affirme que ces rumeurs sont fausses. «Je n'ai jamais été approché par le gouvernement pour un quelconque poste que ce soit», a-t-il dit en entretien téléphonique. «C'est de la spéculation pure: en bout de ligne, c'est ridicule.»

Qualifiant la situation «d'absurde», Luc Lavoie rappelle que les règles en place ne lui permettraient pas de juger des projets liés à Quebecor. «Tout le monde est soumis à la même règle, dit-il. Si quelqu'un vient de Quebecor, il doit se récuser des décisions pendant au moins un an. Alors, j'ai beaucoup de difficulté à suivre tout ça. [Affirmer] qu'on nommerait quelqu'un de Quebecor pour faire passer SunTV, ça va contre le bon sens le plus élémentaire.»

Luc Lavoie s'explique donc mal la persistance des rumeurs — il y a plusieurs semaines que son nom circule. D'après ce qu'il en sait, sa candidature aurait été soulevée par un fonctionnaire du ministère du Patrimoine canadien au cours d'une séance de travail tenue pour chercher un remplaçant à M. Arpin. Mais l'idée en serait restée là et n'aurait jamais franchi le stade du remue-méninges.

Remous attendus


Concernant son dossier prioritaire comme conseiller de M. Péladeau, soit la création de la nouvelle chaîne SunTV (surnommée la Fox News du Nord), Luc Lavoie affirme que le débat qu'il soulève était «extrêmement attendu».

Une pétition en ligne dénonçant de présumées pressions politiques pour que le CRTC accepte la demande de licence de Quebecor a recueilli près de 80 000 noms en une semaine, dont celui de la romancière Margaret Atwood. Un débat vindicatif a suivi cette prise de position de Mme Atwood.

«Leur argumentation est peu solide, estime Luc Lavoie. Tu ne peux pas argumenter en faveur de la liberté d'expression et dire d'un autre côté le contraire quand [cette liberté] exprime un point de vue différent. Ça ne tient pas debout», affirme-t-il.

Plusieurs des opposants au projet de Quebecor craignent une trop grande proximité entre SunTV et le gouvernement conservateur. Le responsable de la mise sur pied du réseau, Kory Teneycke, a été directeur des communications de Stephen Harper jusqu'en 2009. Il a aussi engagé Jason Plotz, qui était jusqu'à tout récemment responsable de la recherche de gestion des enjeux au bureau de M. Harper. Mais Luc Lavoie dit qu'il n'y a pas eu de contact entre l'équipe de M. Harper et des membres de SunTV.