Des ressources naturelles alléchantes

Le gouvernement fédéral a octroyé 16 licences de prospection dans la mer de Beaufort depuis 2004 pour le pétrole et le gaz.
Photo: Défense Nationale Le gouvernement fédéral a octroyé 16 licences de prospection dans la mer de Beaufort depuis 2004 pour le pétrole et le gaz.

Les énormes ressources naturelles de l'Arctique font saliver les multinationales de l'énergie, qui n'hésitent pas à investir une fortune pour sonder les fonds marins à la recherche de gaz et de pétrole.

Du côté canadien, l'exploration va bon train. Depuis 2004, le gouvernement fédéral a octroyé 16 licences de prospection dans la mer de Beaufort, au large du Yukon. Sept entreprises se partagent la tarte pour l'instant: British Petroleum (BP), ConocoPhillips, Chevron, Encana, Shell, Imperial Oil et MGM Energy.

Pour remporter les appels d'offres, ces entreprises se sont engagées à investir la rondelette somme de 2,021 milliards de dollars. De l'argent qui servira uniquement à la prospection. Si du gaz ou du pétrole sont découverts, un autre processus mènera à l'octroi des permis d'exploitation.

La plus active des entreprises est sans contredit BP, qui a obtenu le droit de sonder 202 000 hectares dans la mer de Beaufort. Sa promesse d'investissement atteint 1,2 milliard de dollars.

Selon l'Institut américain d'études géologiques, le cercle arctique renfermerait 30 % des réserves de gaz et 13 % des réserves de pétrole non encore découvertes de la planète. «Les entreprises sont dans la phase d'exploration, explique Louis Fortier, directeur du réseau scientifique ArcticNet. Elles en ont encore pour quelques années, car ce sont des régions difficiles. Pour l'exploitation, ça va dépendre des prix sur le marché. C'est cher de travailler dans des conditions climatiques aussi extrêmes. D'ici 15 ou 20 ans, l'exploitation va commencer ou alors les compagnies vont plier bagage.»

Étendre le plateau continental


Dans le cas de l'extrême nord de l'Arctique, près du pôle, l'exploitation sera très difficile, voire impossible, même si les glaces permanentes disparaissent dans quelques décennies, explique Louis Fortier. «C'est trop creux. On parle de plus de 3000 ou 4000 mètres dans des conditions difficiles.»

Par contre, près de la zone économique des 200 milles nautiques du Canada, les chances sont meilleures, puisque c'est moins profond. C'est pourquoi Ottawa est en train de cartographier les fonds marins pour revendiquer le plateau continental au-delà des 200 milles nautiques. Si le Canada peut prouver à l'ONU qu'il s'agit d'une extension naturelle de son plateau continental, les ressources naturelles lui appartiendront.

Outre la mer de Beaufort, l'archipel arctique du Nunavut est également convoité, même si l'exploration a cessé pour l'instant et qu'aucun projet concret d'exploitation n'est prévu. Dans les années 70, les 164 puits d'exploitation forés ont permis la découverte de ressources gazières de 14 trillions de pieds cubes, et pétrolières de 300 millions de barils.

Dans le cas des réserves terrestres, c'est le diamant qui fait rêver. En quelques années, les mines des Territoires du Nord-Ouest ont fait passer le Canada au troisième rang mondial des producteurs, alors que plus de 4000 personnes travaillent autour des quatre mines en exploitation.


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