Migration clandestine - Harper veut des règles plus strictes

«C’est un exercice fondamental de notre souveraineté. Nous sommes responsables de la sécurité de nos frontières.» – Stephen Harper
Photo: «C’est un exercice fondamental de notre souveraineté. Nous sommes responsables de la sécurité de nos frontières.» – Stephen Harper

Mississauga, Ontario — Le premier ministre Stephen Harper a affirmé hier que le gouvernement n'hésiterait pas à rendre plus strictes les lois canadiennes sur la migration clandestine, mais après une semaine de discours en ce sens, le gouvernement n'a toujours pas expliqué la nature de ces changements.

Le ministre canadien de la Sécurité publique, Vic Toews, a répété depuis la semaine dernière que le Canada allait faire le nécessaire pour rendre ses lois plus rigides et empêcher les passeurs et les terroristes d'abuser du système d'obtention du statut de réfugié.

«Au bout du compte, c'est nous qui sommes responsables comme gouvernement», a affirmé le premier ministre, lors d'une conférence de presse à Mississauga, en Ontario.

«C'est un exercice fondamental de notre souveraineté. Nous sommes responsables de la sécurité de nos frontières et de l'acceptation ou non des individus qui désirent les traverser.»

En réponse à une question sur l'arrivée au Canada vendredi dernier d'un bateau de migrants en provenance du Sri Lanka, M. Harper a affirmé que le Canada était une terre d'asile, mais que l'arrivée clandestine de centaines de personnes au pays faisait émerger d'«importants problèmes de sécurité».

«Je crois que les Canadiens s'inquiètent du fait que de pleins bateaux de gens puissent ainsi débarquer au pays sans passer par les procédures officielles.»

Le ministre Toews a suggéré que le Canada allait travailler de près avec ses alliés pour empêcher de tels navires de mettre le cap sur les côtes du pays. L'Australie a aussi dû faire face à des problématiques de migrants arrivant par bateaux.

Le Canada a ratifié une déclaration des Nations unies l'obligeant à traiter la demande d'obtention du statut de réfugié d'un individu sur son sol.

Le porte-parole et député libéral Marc Garneau a appelé, hier, le gouvernement Harper à montrer plus de compassion pour les migrants en «baissant le ton» de leur rhétorique politique.

Premières audiences

Par ailleurs, la première vague d'audiences relatives à la détention a eu lieu hier, à Vancouver.

Parmi les premiers potentiels réfugiés à être entendus se trouvait une jeune femme vêtue d'un chandail vert foncé et d'un pantalon en molleton gris. Elle portait des sandales et était assise près de son avocat, et s'est retournée une fois pour observer la dizaine de journalistes assis derrière elle.

Elle a été emmenée dans la salle d'audience avec des menottes qui lui ont été retirées avant le début des procédures.

La jeune femme serait venue au Canada avec sa mère, son père et son frère. Elle aurait de la famille à Toronto. Elle a remis aux autorités ce qu'elle a décrit comme un acte de naissance et une carte d'identité nationale officielle.

Un avocat de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), Ron Yamauchi, a indiqué que ces documents étaient toujours en cours d'analyse. La jeune femme a dû retourner en détention, mais son propre avocat a affirmé qu'il avait espoir que son identité pourrait être rapidement confirmée.

«[La demandeuse] a des proches à Toronto qui peuvent lui servir de caution... et sa famille restera en contact avec l'ASFC.»

Journalistes autorisés

Par ailleurs, les journalistes ont reçu hier l'autorisation d'assister aux audiences relatives à la détention des potentiels réfugiés, mais le Congrès tamoul canadien et d'autres groupes de pression n'ont pas eu cette chance.

Ces audiences servent à déterminer si les autorités peuvent garder les migrants en détention jusqu'à ce que leur identité soit confirmée.

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