Conseil de la fédération - Les premiers ministres ne s'entendent pas sur la santé

Les dernières discussions du Conseil de la fédération n'ont pas abouti hier aux consensus attendus, et cela, malgré le sérieux des dossiers mis à l'ordre du jour. Si les premiers ministres se sont entendus sur l'adoption d'une charte de l'eau, ils restent toujours divisés sur les questions de la santé, du recensement et de la relance économique.

À défaut d'avoir pu rallier ses homologues canadiens à son projet de franchise santé, Jean Charest a réitéré hier être persuadé que les négociations avec le gouvernement fédéral au sujet du financement de la santé aboutiront, même si elles seront «ardues» au cours des prochaines années. «[Le ministre des Finances Jim Flaherty] n'a jamais dit qu'il allait lier le financement à la croissance du PIB [...], a prononcé Jean Charest lors de la clôture du Conseil. Je décode dans les commentaires [du fédéral] qu'on est au début de la négociation, que ce sera ardu, mais que la bonne foi y est.»

Cette remarque fait écho à ce qu'a déclaré, en marge du remaniement ministériel d'hier, le premier ministre Stephen Harper. «Nos priorités sont l'économie, la gestion des dépenses et la réduction du déficit à long terme», a-t-il fait savoir, laissant entendre que le renouvellement de l'accord en matière de financement de la santé, qui vient à échéance en 2014, pourrait être moins généreux que le précédent. Les provinces craignent en effet que les 6 % d'indexation annuelle dont profite actuellement le programme ne dégringolent, une perte qu'elles ne pourraient endosser puisque les dépenses en santé représentent déjà 44 % de leur budget.

Un libre-échange qui divise


L'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne, qui ne fait pas l'unanimité au sein des provinces, continuera d'être discuté par les premiers ministres, qui comptent «s'assurer [de] pouvoir étendre les opportunités de marché» à d'autres parties du monde, a indiqué le premier ministre du Manitoba, Greg Selinger. Le Réseau pour le commerce juste, qui réunit 32 organismes du Québec et du Canada, continue toutefois de s'opposer à un tel accord et exige «plus de transparence et de consultation de la population», en réclamant la tenue d'une consultation publique dans l'ensemble du Canada.

Sur la question du recensement, dont l'abolition avait pourtant divisé les provinces au début du Conseil, aucun consensus n'a été établi faute de discussions poussées. Lors de l'ouverture du Conseil de la fédération, le Québec, le Nouveau-Brunswick, l'Île-du-Prince-Édouard, l'Ontario et le Manitoba s'étaient prononcés contre l'abolition du formulaire long, tandis que les provinces de l'Ouest étaient restées prudentes en disant qu'il s'agit d'un enjeu de compétence fédérale.

Tous pour l'eau

C'est finalement la qualité de l'eau qui a fait l'objet d'une entente claire au sein du Conseil de la fédération, la seule en trois jours de discussions. Cette incapacité des membres du Conseil de former un véritable front commun, pourtant un outil privilégié des provinces pour faire pression sur le gouvernement fédéral, continue d'ailleurs d'être critiquée.

Il reste que les premiers ministres se sont entendus pour créer une charte de l'eau, dans le but d'en réduire la consommation au Canada et d'assurer une meilleure qualité de l'eau dans les régions rurales et isolées. L'enjeu de l'eau potable, une ressource maintenant menacée, est «fondamental», a déclaré Jean Charest lors de la conférence de clôture.

D'autres sujets, comme l'éducation internationale, l'immigration, le marché du travail ainsi que l'achat de médicaments et de matériel médical ont aussi été discutés par le Conseil de la fédération, sur fond de relance économique.
2 commentaires
  • MichelG - Inscrit 7 août 2010 11 h 27

    LA SANTÉ

    Comment Charest peut aller négocier à un contre douze dans un domaine du Québec avec des étrangers et comme si nous avions signés la Constitution bidon Canadian ?

  • 54lili - Inscrit 7 août 2010 21 h 04

    non-crédible

    Si les autres premiers ministres sont plus honnêtes que Charest...
    pourquoi voudraient-ils l'appuyer alors qu'ils savent tous ce qui se passe ici au Québec avec ce faux-nez.
    Sa cote baisse...je crois qu'il se serait senti bien seul, n'eut été du
    ministre Béchard planté à ses côtés lors de sa conférence de presse.
    Et que j'ai hâte qui débarasse..