Affaire Rahim Jaffer - Christian Paradis sous la loupe de la commissaire à l’éthique

Le ministre Paradis a admis que Rahim Jaffer lui avait téléphoné sur son portable le 27 août 2009 pour lui parler de son projet d’installation de panneaux solaires sur les toits d’édifices fédéraux. <br />
Photo: Agence Reuters Chris Wattie Le ministre Paradis a admis que Rahim Jaffer lui avait téléphoné sur son portable le 27 août 2009 pour lui parler de son projet d’installation de panneaux solaires sur les toits d’édifices fédéraux.

Ottawa — Le ministre des Ressources naturelles, Christian Paradis, se retrouve sur la sellette alors que la commissaire fédérale à l’éthique ouvre un dossier sur lui en lien avec Rahim Jaffer. Le ministre déclare qu’il n’a rien fait de mal.

La commissaire aux conflits d’intérêt et à l’éthique, Mary Dawson, a confirmé par lettre la semaine dernière qu’elle se penchait sur le cas de M. Paradis et les actions qu’il a posées lorsqu’il était ministre des Travaux publics.

«Puisque votre demande répond aux critères [établis par la loi], j’entame un examen», écrit la commissaire dans une lettre adressée à la député libérale Marlene Jennings. Les faits sous observation sont liées aux activités de lobbying non déclarées de l’ancien député conservateur Rahim Jaffer.

Le ministre Paradis a admis que Rahim Jaffer lui avait téléphoné sur son portable le 27 août 2009 pour lui parler de son projet d’installation de panneaux solaires sur les toits d’édifices fédéraux. Le ministre lui avait conseillé de contacter son bureau pour organiser une rencontre avec ses fonctionnaires. Son directeur des affaires parlementaires, Sébastien Togneri (celui-là même qui, dans un tout autre dossier, avait exigé que des documents sur le point d’être envoyés à un journaliste en vertu de la Loi d’accès à l’information soient récupérés à la salle de courrier), a demandé aux fonctionnaires des Travaux publics d’étudier le projet de M. Jaffer et de le rencontrer.

Des échanges de courriels ont démontré que la proposition de Rahim Jaffer était considérée comme prioritaire. «Désolé d’être casse-pied, mais le bureau du ministre demande quand», est-il écrit dans un de ces messages. Dans un autre, M. Togneri se demande ce qui peut bien causer du retard.

Lorsque ces informations sont devenues publiques, en avril, le ministre Paradis a clamé son innocence. Il a repris la même ligne de défense hier. «Je me suis toujours comporté de façon appropriée et dans le respect de mes obligations», a-t-il fait savoir par courriel. M. Paradis rappelle qu’André Morin, un haut fonctionnaire de Travaux publics, a soutenu en comité parlementaire le mois dernier que le dossier avait suivi son cours normal. «Personne n’a demandé au bureau du ministre d’accélérer quoi que ce soit», a-t-il témoigné.

Le fait que la commissaire se penche sur le dossier ne signifie pas qu’il y a une enquête comme telle. C’est plutôt que la commissaire a l’obligation de se pencher sur une situation portée à son attention par un député fédéral, dans la mesure où l’allégation du député n’est pas «futile, vexatoire ou entachée de mauvaise foi».

Le 3 juin dernier, la députée Marlene Jennings avait écrit à la commissaire. «Il semble que le ministre Paradis ait profité de sa charge pour favoriser un projet d’installation de panneaux solaires sur des édifices du gouvernement du Canada, présenté formellement par Rahim Jaffer, était-il écrit. M. Jaffer a soumis son projet en tant que directeur de Green Power Generation, une entreprise commerciale privée. Il est également connu que M. Jaffer est un ami du ministre Paradis.»

La commissaire n’a pas émis de commentaire hier. Lorsque l’analyse du dossier sera terminée, elle produra un rapport, a fait savoir sa porte-parole.

Mme Jennings s’est réjouie de cette décision, même si, dans un autre dossier, elle conteste le jugement de la commissaire. La députée déplore en effet que Mme Dawson ait autorisé dans un avis secret le ministre de la Santé d’alors, Tony Clement, à participer à un infomercial d’une entreprise de produits nettoyants de sa circonscription, participation qui lui a valu le surnom de ministre «ShamWow» à la Chambre des communes.
5 commentaires
  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit 7 juillet 2010 07 h 49

    Il y a de quoi être fier!

    Les Bernier, Paradis, Verner, Blackburn et Blaney représentent les québécois à la Chambre des communes et au Cabinet. Le Québec se fait une fierté bigarée de leur représentation inique. De quoi se faire une honte sans borne. Ceux-là sont Conservateurs pour se différencier des Libéraux de Gomery. Les magouilles fédéralistes n`ont pas de limites.

  • Roland Berger - Inscrit 7 juillet 2010 10 h 36

    L'innocence affichée

    « Le ministre déclare qu’il n’a rien fait de mal. » Évidemment, comme tout bon conservateur, Paradis ne reconnaît d'autre jugement que celui de son dieu, qui l'a élu pour ramener l'ordre moral au Canada. Un cerveau « spinneur» s'il est un.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

  • Francis Robitaille - Inscrit 7 juillet 2010 12 h 36

    un bien pour un autre...

    J'approuve le fait que l'éthique doit être mieux gérée dans certains cas. Mais je crois aussi ( en étant loin de suporter la cause des Conservateurs aveugles ) que cela peut donner à tous les ministres une chance de faire ralentir et peut-être avorter des projets dans le gouvernement. Quoi de mieux que de dire que untel ou untel manque d'éthique pour faire arrêter un projet dont tu es contre. C'est beaucoup trop facile.

  • Francis Robitaille - Inscrit 7 juillet 2010 12 h 36

    2de3

    Pour ceux qui ne savent pas...
    un projet ( dans la construction ) se fait en général comme suis...

    1. Le ministre est mis au pouvoir par son PM ( pas celui qu'on voudrait, mais bon)...

    2. Ce ministre cherche des nouveautés à apporter ( verte ou non )
    3. Il cherche dans le gouvernement qui peux l'aider... par hasard (comme toujours ) il ne trouve pas de personne ressources pour l'aider car le gouvernement sous-contracte tous ses projets et les têtes dans le domaines sont toutes dans le privé. Une chose que je ne comprends pas.
    4. Donc, sans réponses de ses compatriotes, il va voir ses amis dans le privé. Car ce sont les seuls qu'il connait. Il commencera pas à faire le tour des pages jaunes pour avoir une meilleure éthique et on le comprends.
    5. Un de ceux-ci lui dit : hey! on pourrais peut-être faire cela!. Quelle bonne idée.
    6. Le ministre ou le chargé de projet demande des renseignements à ce mesieurs "privé" pour l'élaboration du projet car personne dans son équipe n'est assez caller pour le faire dans le domaine.
    7. Donc ce "privé" travaille avec le gouvernement mais n'est pas payer contrairement au fonctionnaire. Donc il estime que le contrat va lui revenir, sinon il n'aiderais jamais le gouvernement pour son projet sans avoir un nanan au bout. Qu'est ce qui se passe, c'est que les plans seront fait avec les équipements spécifiés par ce "privé" et tous ce qui va avec. Et l'entrepreneur lui, n'ira probablement pas refaire tout le travaille du "privé" pour voir si une autre compagnie peut le faire. Il n'a pas le temps, étant sous contractant et aillant miser le moins cher pour faire les travaux. Donc il achete et installe les équipements du petit messieurs privé.

    En résumé, à moins de faire un projet totalement "public", il y aura toujours un peu de manque d'éthique à mon avis sur les projets de construction. Mais attention, faut aussi considérer que de remplacer seurlement une personne sur deux dans le publis, comma annoncer p

  • Francis Robitaille - Inscrit 7 juillet 2010 12 h 37

    3de3

    Ceci de moi... un employé du privé qui aimerais bien être au public, seulement si il réussisssent à faire du ménage dans la bureaucratie pour empêcher ses employés de se morfondre dans la quiétude de son emplois et ne plus rien accomplir après quelques années de services. ( Désolé pour les fonctionnaires, mais je parle seulement de ce que j'ai vu moi-même, je sais que vous n'êtes pas tous pareils)
    Je ne comprends pa d'où viens se tallent pour le je m'en foutisme de certains fonctionnaires... peut -être allons nous trop loin avec les syndicats.. tout autre sujet... SI IL FAIT PAS LA JOB' SAC LE A PORTE, c'est pas plus compliqué que ca!!!

    Merci et bonne journée a tous