Maher Arar ne pourra poursuivre les autorités américaines

Maher Arar a été débouté par la Cour suprême des États-Unis.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Maher Arar a été débouté par la Cour suprême des États-Unis.

Washington — La Cour suprême des États-Unis a rejeté hier la demande du Canadien Maher Arar, qui souhaitait poursuivre les autorités américaines.

L'ancien ingénieur en informatique avait été capturé en 2002 par les Américains dans le cadre d'un plan secret qui consistait à expulser les présumés terroristes vers d'autres pays.

M. Arar souhaitait notamment poursuivre John Ashcroft, l'ancien ministre de la Justice des États-Unis sous George W. Bush.

Le plus haut tribunal des États-Unis n'a pas justifié sa décision.

Cela «élimine le dernier espoir que j'entretenais à l'égard du système judiciaire des États-Unis», a dit M. Arar dans une allocution. «Quand il s'agit de sécurité nationale, le système judiciaire a volontairement abandonné son rôle, celui de garantir que personne n'est au-dessus de la loi», a-t-il poursuivi.

M. Arar, d'origine syrienne, avait été arrêté par les autorités américaines en 2002, alors qu'il était en transit à l'aéroport international John F. Kennedy de New York. Il devait prendre un vol pour rentrer au Canada. Les agents d'immigration américains ont établi que Maher Arar pouvait légalement être envoyé au Canada, en Suisse ou en Syrie. Il a finalement été renvoyé dans son pays d'origine à bord d'un jet privé, où il dit avoir été torturé pendant un an, ce que la Syrie dément.

Après cette année passée au cachot, il a été libéré sans qu'aucune accusation soit portée contre lui. Il est rentré au Canada.

«Les tribunaux ont malheureusement refusé de réparer le tort monumental causé à Maher Arar, mais jamais ils n'ont remis en question qu'un tel tort avait été causé», a déclaré David Cole, un avocat du Centre américain pour les droits constitutionnels.

«Nous sommes extrêmement déçus que les tribunaux se soient dérobés à leurs responsabilités», a-t-il ajouté.

Maher Arar avait subi des revers identiques devant des tribunaux inférieurs, notamment en novembre dernier.

En principe, cette décision de la Cour suprême des États-Unis met un terme au dossier dans ce pays.

À voir en vidéo