Remplacement des avions de chasse - La facture totale pour les F-35 gonflerait à 16 milliards

Plus les jours passent, plus les coûts du projet d'acquisition de 65 avions de combat F-35 Joint Strike Fighter, de la multinationale américaine Lockheed Martin, gonflent. Un document interne des Forces canadiennes, présenté au gouvernement lors d'une réunion du cabinet jeudi dernier, montre que l'achat et l'entretien pourraient atteindre 16 milliards de dollars.

Il s'agit évidemment d'une estimation de l'armée, puisque les négociations avec le constructeur ne sont pas commencées. Mais il s'agit de la base de réflexion du gouvernement, qui prévoit acheter les 65 avions sans véritable appel d'offres, comme le révélait Le Devoir lundi. Ces avions commenceraient à remplacer les CF-18 vieillissants à partir de 2017.

Le chiffre de 16 milliards de dollars est le plus élevé à avoir circulé jusqu'à maintenant. Les précédents montants tournaient autour de 9 à 10 milliards de dollars.

Le document, obtenu par le Globe and Mail, montre que l'achat des appareils pourrait coûter jusqu'à 8,9 milliards de dollars, soit 136 millions par avion. Une estimation très élevée, puisque le gouvernement américain, qui a commandé le F-35, s'attend à payer près de 100 millions par appareil. En début de semaine, nos sources gouvernementales soutenaient que Lockheed Martin était prêt à garantir un très bon prix, soit près de 100 millions par avion, pour obtenir le contrat canadien sans appel d'offres, soit une facture totale de près de 6 milliards de dollars.

De l'entretien coûteux

Dans le document, on apprend également que l'entretien des appareils, pendant 20 ans, pourrait coûter plus cher que ce que laissent entendre les informations qui circulent. Ainsi, on parle d'une facture de 6,9 milliards de dollars. Ce montant est jugé réaliste par les experts de l'industrie.

Toutefois, en entrevue avec Le Devoir, la porte-parole de Lockheed Martin aux États-Unis, Kim Testa, affirme que le F-35 mettra à l'oeuvre une technologie furtive (difficile à détecter aux radars) très facile d'entretien, ce qui est rare. «L'entretien du F-35 est moins cher et requiert moins de main-d'oeuvre que les anciens avions furtifs, dit-elle. La facture d'entretien sera comparable sur 20 ans à un avion qui n'est pas furtif.» Les entreprises canadiennes pourront effectuer ce travail, dit-elle.

Le Globe and Mail affirme que le document propose de procéder sans appel d'offres entre autres parce que les alliés du Canada vont se procurer cet avion. On craint une «réaction négative» des alliés si Ottawa tourne le dos à cet appareil.

Les concurrents de Lockheed Martin font valoir depuis quelques jours qu'un véritable appel d'offres permettrait au Canada de choisir l'appareil le mieux adapté à ses besoins. Même si le dossier est devant le Conseil des ministres et qu'il sera de nouveau débattu mardi prochain, les Forces canadiennes n'ont toujours pas mis sur la table les besoins opérationnels qu'ils veulent combler.

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1 commentaire
  • Christian Montmarquette - Abonné 12 juin 2010 09 h 02

    N'ont-ils rien de meiux à faire avec $ 16 millards d'argent public ???

    Une autre foutue de bonne raison pour que Québec foute le camps de cet État belliqueux et de cette économie de guerre qu'est devenu le Canada !

    Christian Montmarquette