Comité parlementaire - Trois ministres témoignent dans le chaos

Ottawa — Bafouant les règles des comités parlementaires, trois ministres conservateurs se sont présentés hier en lieu et place de leurs employés qui avaient été dûment convoqués comme témoins.

Dans un chaos et un désordre que la présidente du comité a comparé à une «cour d'école de 5e année», le ministre des Transports, John Baird, le ministre des Ressources naturelles, Christian Paradis, et le ministre d'État de l'Agence fédérale de développement économique pour le sud de l'Ontario, Gary Goodyear, se sont présentés comme témoins au Comité permanent des opérations gouvernementales.

Les ministres Paradis et Goodyear avaient pourtant déjà refusé de comparaître devant ce même comité, qui tente de faire la lumière sur les activités de lobbying de l'ex-député conservateur Rahim Jaffer — également le mari de l'ancienne ministre Helena Guergis — pour déterminer s'il a eu un accès privilégié aux oreilles du gouvernement.

Premier à s'insurger contre leur présence, le bloquiste Michel Guimond a rappelé que les comités sont maîtres de leur procédure et peuvent choisir leurs témoins comme ils l'entendent, qualifiant d'arrogante et de méprisante la présence des ministres conservateurs. Et qu'il n'était pas question qu'ils témoignent.

Ce que John Baird a agressivement tenté de faire. Dans une scène chaotique, le ministre Baird a réclamé le droit de parler en proférant «point de procédure» à plus de 30 reprises, continuant même lorsque son micro fut éteint, martelant alors sur son bureau, ne s'arrêtant que lorsque les caméras de télévision sont entrées en trombe dans la salle.

Au moment le plus bruyant, alors que députés conservateurs et ceux de l'opposition s'échangeaient de cinglants commentaires, la présidente libérale du comité, Yasmin Ratansi, a rappelé qu'elle pouvait demander aux gardiens de sécurité d'expulser certains membres.

Mais la présence de ces substituts était prévue. Le leader du gouvernement aux Communes avait déjà annoncé en Chambre que les ministres, en vertu du principe de responsabilité ministérielle, devaient répondre des actes de leurs employés et donc allaient dorénavant témoigner en comité à leur place.

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