Registre des armes à feu - Jack Layton est pressé de faire suivre sa ligne de parti

Une victime de la fusillade du collège Dawson a imploré Jack Layton d’imposer la ligne de parti lorsque le vote final sur le projet de loi visant le démantèlement du registre des armes à feu aura lieu.
Photo: Agence Reuters Blair Gable Une victime de la fusillade du collège Dawson a imploré Jack Layton d’imposer la ligne de parti lorsque le vote final sur le projet de loi visant le démantèlement du registre des armes à feu aura lieu.

Ottawa — Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, s'est retrouvé sous les projecteurs hier pour son ambivalence quant au maintien du registre des armes à feu. Une victime de la fusillade du collège Dawson est venue rappeler au chef néodémocrate la promesse qu'il lui avait faite de conserver le registre. Elle l'implore d'imposer la ligne de parti lorsque le vote définitif sur le projet de loi visant son démantèlement aura lieu.

«Quand on était présents au Parlement, il [Jack Layton] avait une position très ferme», a déclaré en conférence de presse hier Hayder Khadim, le porte-parole du Comité du collège Dawson pour le contrôle des armes à feu. «Il a laissé entendre que c'était un devoir de mettre tout son parti sur la même ligne. Malheureusement, j'ai l'impression avec M. Layton que, lorsque le sujet est plus froid ou qu'on n'est pas présents, il sent qu'il peut ne pas faire appliquer cette position.»

Une députée conservatrice d'arrière-banc, Candice Hoeppner, a déposé un projet de loi visant à abolir le registre (C-391). Il a passé le test du premier vote, huit députés libéraux et 12 néodémocrates l'ayant appuyé. Depuis, le chef libéral Michael Ignatieff a promis d'imposer la ligne de parti. Jack Layton n'a pas emboîté le pas. Aussi, même dans l'éventualité où les huit libéraux rentreraient dans le rang, il faudrait encore qu'au moins six néodémocrates fassent de même pour stopper le projet de loi C-391.

«Ce projet de loi là est trop fondamental pour qu'on puisse se permettre de ne pas avoir une ligne de parti», estime la bloquiste Maria Mourani. Elle soupçonne les conservateurs d'en imposer une puisque tous ont appuyé la loi. «Je n'arrive pas à croire, qu'ils soient conservateurs ou pas, que des députés du Québec votent de cette manière-là. Je suppose qu'il doit y avoir une ligne de parti non dite.»

L'étude en comité parlementaire du projet de loi commençait hier après-midi. Mme Hoeppner a expliqué qu'ayant vécu en région rurale, elle n'a «aucune raison d'avoir peur des armes à feu, de les voir comme quelque chose de mal». Les armes à feu ne sont pas plus dangereuses que les couteaux, les chaînes, les cordes ou les fours, a-t-elle fait valoir. Ce sont les personnes qui les manipulent qui peuvent l'être.

Le député libéral Mark Holland l'a attaquée en lui faisant remarquer que seulement trois chefs de police sur 431 et une seule des 150 associations de police du pays partageaient son point de vue.

L'Association canadienne des commissions de police, la Gendarmerie royale du Canada et le YWCA étaient aussi au comité pour demander aux parlementaires de conserver le registre. Seul le chef de police de Calgary, Rick Hanson, est venu dire que le registre ne s'attaquait que «de façon marginale à la violence par armes à feu».

Femmes victimes

Les conservateurs ont tenté de jouer la carte de la victimisation féminine en comité. Mme Hoeppner a commencé sa présentation en déplorant, en tant que femme, qu'on ne lui accorde que 30 minutes au lieu de l'heure habituelle.

Lorsque ce fut le tour des conservateurs de l'interroger, sa collègue Shelly Glover y est allée d'une tirade contre les «mâles libéraux» pour qui le vote des femmes «ne compte pas». «Les femmes se font intimider par les mâles libéraux.»

La libérale Marlene Jennings a alors retourné la critique contre ses consoeurs, rappelant le commentaire de la sénatrice conservatrice Nancy Ruth qui invitait lundi les groupes de femmes à «fermer leurs crisses de gueules».
4 commentaires
  • T. Julien - Inscrit 5 mai 2010 08 h 32

    Ça a changé quoi ?

    L'arme du tireur à Dawson était déjà enregistré même chose pour celui de la polyvalente et celui du Parlement à Qc.

    Ça a changé QUOI au juste ?

    Ce sont pas les armes qui tuent mais bien les hommes.

  • Fernand Trudel - Inscrit 5 mai 2010 11 h 13

    Ca criminalise d'honnêtes chasseurs et collectionneurs d'armes.

    T. Julien a raison dans les trois assaut de détraqués (Polyvalente, Concordia et Dawson) ces armes étaient légalement enregistrées et ça n'a empêché rien mais le registre a coûté deux milliards de nos taxes pour un tel fiasco. De quel dédale de bureaucratie avons-nous hérité pour calmer l'hystérie de certaines pleureuses nationales ayant l'oreille de Gilles Duceppe et du souriant Jack Layton, les tenants d'un registre inutile et coûteux ?

    On criminalise d'honnêtes chasseurs comme moi (500,000 au Québec). En région, tous les agriculteurs ont une arme de chasse pour éloigner les prédateurs et peu de maison n'ont pas une arme de chasse. Je vais compter mon cas pour vous illustrer comment on empoisonne la vie des chasseurs pour satisfaire les pleurs de ces dames de Montréal.

    J'ai acheté en 1964 un petit .410 pour chasser le petit gibier dans le bois , pas dans le centre-ville de Montréal. À cette époque. j'ai suivi un cours de maniement d'armes à feu nécessaire à l'obtention du certificat du chasseur délivré par le ministère québécois essentiel pour obtenir un permis de chasse que l'on doit acheter et ça existe toujours. Puis dans les années 90 suite au massacre de la polyvalente, la loi arriva réclamée à grand cri par Gilles Duceppe et ses députés qui disaient "Jamais plus de polytechnique" ...

    J'ai du obtenir au prix de 50$ un permis de possession d'arme fédéral et faire la queue dans la cohue des chasseurs obligés de se présenter aux guichets fédéraux pour s'enregistrer et ce en sus de ceux déjà en main. Mais j'ai résisté à l'enregistrement de mon petit .410 me basant sur un droit acquis jusqu'au jour ou je reçu l'an passé une lettre de menace de la Sûreté du Québec qui révoquerait mon permis de possession et me déclarait en infraction criminelle pour avoir un permis sans avoir une arme enregistrée à mon nom. Alors je me suis présenté avec mon arme au QG de la Sûreté du Québec pour l'enregistrer mais qui m'ont dit que ce n'était pas eux qui faisaient ça mais la GRC à Miramichi au Nouveau Brunswick. J'ai alors téléphoné et un gentil agent m'aida à compléter la formule de demande sur leur site et ce par téléphone tout en collectant les frais sur ma carte de crédit. J'ai reçu mon enregistrement d'arme mais le gentil agent a oublié de me dire que mon permis de possession approchait de l'expiration. Une chance que le parti conservateur avait prolongé le moratoire , je me serais ramassé. en prison.

    En février dernier, je reçu encore une autre lettre de menace de la Sûreté du Québec me donnant quinze jours pour renouveler mon permis de possession sinon ils venaient saisir mon arme enregistrée. J'ai alors téléphoné immédiatement à la ligne directe indiquée sur la lettre pour me ramasser devinez où? À la GRC de Miramichi qui me déclara à ma grande surprise qu'on m'avait expédié un avis de renouvellement sans réponse. En vérifiant l'adresse, l'agent sursauta en disant : Vous avez déménagé ? Pas du tout, le nom de ma rue a été changé sans mon avis je demeure à la même place, j'ai répondu. Voilà le changement des noms de rue m'avait nuit. Après avoir changé le nom de la rue, l'agent me déclara qu'il m'expédiait les formules et que j'avais jusqu'au 1er mai pour la produire et m'assura que la Sûreté ne débarquerait pas chez moi entre temps pour exécuter sa menace.

    Vers la mi-avril 2010, soit deux mois après mon appel à Miramichi, n’ayant pas reçu de formulaire, j'imprimais un formulaire sur le site de la GRC et l'expédiais bien rempli avec une photo passeport certifiée.

    Je viens de recevoir une lettre de la GRC qui me dit que mon permis étant expiré, je dois recommencer le processus comme si je n'avais jamais été enregistré. Le formulaire qu'on m'expédie et semblable à celui que j'ai rempli sauf que je dois avoir deux personnes qui se portent garantes de moi et ensuite la GRC viendra enquêter chez mes voisins si je suis un bon citoyen sans danger pour la société et qu’on rallonge la date de butoir en juillet prochain. Ça peut bien coûter cher ce programme qui me fait remplir aller retour des formulaires administratifs complètement inutiles car ces gens ont toute l’information requise dans leurs archives.

    C'est assez pour être révolté et ne plus vouloir voter pour l’opposition revendicatrice car ces partis s’attaquent à ma liberté, mes droits fondamentaux et ma vie privée de façon exagérée. Pourtant le bloc protège des terroristes et les encourage à défier les lois comme Adil Charkaoui où même un député du bloc a participé à payer sa caution. Et dire qu’ils se vantent de défendre le modèle québécois. Plusieurs chasseurs se sont découragés au point où ils ont vendu leurs armes aux armuriers de guerre lasse. Il en est de même des collectionneurs qui devaient payer pour chaque arme a enregistrer. Seul le gouvernement Harper a compris que ce registre ne réglait rien mais créait une bureaucratie envahissante et superflue.

  • Fernand Trudel - Inscrit 5 mai 2010 11 h 21

    Faudra t'il enregistrer les couteaux et les machettes

    Dans la région de Québec, en moins d'une semaine, nous avons connu deux agressions à l'arme blanche dont les auteurs ont été accusés de tentative de meurtre. Dans les deux cas, c'est une chicane de ménage qui a dégénéré...

    La même logique que le registre des armes à feu devrait s'aplliquer envers les couteaux et les machettes: les enregistrer comme arme d'agression.

    Est-ce que Duceppe et Layton vont l'exiger encore une fois et demander un vote partisan et protéger les gens de gestes désespérés et extrêmes???

  • Malartic - Inscrit 6 mai 2010 10 h 06

    Criminalisation des honnête chasseur...

    A moins de voir un réponse officielle de la GRC, la Sureté du Québec et des officiels du registre des armes à feu je prend l'histoire de Fernand Trudel au pied de la lettre. Personnellement je n'ai jamais cru en l'efficacitée du registre des armes à feu pour la bonne raison que déjà les arme de poing (revolvers) demandaient un permis et il
    y avait beaucoup plus de revolver en circulation que de permis. Les
    criminel ne pourraient pas enregistrer une arme, et donc se procure l'arme mais pas le permis et encore moins l'enregistrement.
    Malheurement au Canada nous avons ces "bien pensants" qui nous
    imposent leurs volonté un peu trop facilement.