Affaire Rahim Jaffer : L'opposition condamne le traitement de faveur

Les révélations selon lesquelles Rahim Jaffer a eu le champ libre pour faire du lobbyisme illégal auprès de ministres fédéraux ont semé hier l'indignation des partis d'opposition à Ottawa. Les trois partis ont condamné «l'accès privilégié au pouvoir» et le «traitement de faveur» qu'a reçus l'ex-député conservateur de la part du gouvernement.

L'opposition a entre autres dénoncé la négligence de plusieurs ministres, au moins sept, soutiennent les libéraux, qui ont fermé les yeux devant l'évident lobbyisme de Rahim Jaffer alors qu'il n'était pas enregistré au Registre des lobbyistes. «Non seulement les ministres ne l'ont pas déclaré spontanément et de leur propre chef, mais ils ont carrément nié qu'ils ont fait l'objet de lobbying. Goutte par goutte, la vérité commence à sortir», a déclaré le néo-démocrate Thomas Mulcair, à la sortie de la Chambre.

Des courriels compromettants, utilisant l'adresse d'Helena Guergis au moment où elle était ministre, ont été dévoilés plus tôt cette semaine. Envoyés par Jaffer au cours de la dernière année, ils avaient pour but de planifier des rencontres avec des fonctionnaires et d'obtenir des fonds, notamment pour le compte d'International Strategic Investments (ISI), la société de Nazim Gillani avec laquelle Rahim Jaffer avait signé un contrat.

Le député bloquiste Michel Guimont a souligné en Chambre que «l'ex-ministre des Travaux publics [Christian Paradis] veillait aux intérêts de Rahim Jaffer en mettant de la pression sur les fonctionnaires pour qu'ils étudient prioritairement sa proposition» de le rencontrer. Ils se sont bel et bien vus en octobre 2009.

Le ministre des Transports, John Baird, a brandi le vieil argument du scandale des commandites pour faire rebondir les accusations portées par l'opposition. Une attitude qui incrimine le parti, estime le NPD. «M. Baird ne réalise pas qu'il est en train de faire lui-même la comparaison entre le comportement des conservateurs et le comportement corrompu des libéraux», a déclaré Thomas Mulcair.

Pour l'opposition, cette affaire souligne l'hypocrisie du gouvernement conservateur, qui s'était engagé à ne pas tomber dans le piège du favoritisme envers des anciens du parti. Le chef bloquiste, Gilles Duceppe, a souligné qu'il est impossible que le premier ministre, «control freak comme il est», n'ait pas eu vent du favoritisme exercé par ses ministres, et a ouvert la porte à de nouvelles confessions. «Je pense qu'il va être bien plus simple dans les jours qui viennent de demander quels ministres n'ont pas rencontré Jaffer plutôt que de demander qui l'a rencontré», a-t-il déclaré.
1 commentaire
  • Sanzalure - Inscrit 30 avril 2010 07 h 53

    Commandites et Registre des armes à feu

    On a beaucoup parlé du scandale des commandites qui aurait coûté environ 250 millions de dollars. Qu'en est-il du scandale du Registre des armes à feu qui a coûté plus de 4 milliards ? De nombreux amis du système s'en sont mis plein les poches, mais personne n'en parle...

    Ce gouvernement, qui pourtant courtise le vote des religieux, est loin de vivre dans la vérité. Il n'en est pas à une contradiction près. Par exemple, d'une part il est contre l'avortement parce que la vie est sacrée, d'autre part, il envoie des soldats avec des fusils pour tuer du monde.

    Moi, je ne me sens pas représenté du tout par ce gouvernement pour lequel je n'ai pas voté. Et je sens que ma colère monte contre les gens qui continuent de le soutenir. Il me semble qu'une coalition des partis d'opposition serait préférable à une guerre civile pour régler leur cas aux fondamentalistes conservateurs rétrogrades.

    Serge Grenier