Les demandes de Jaffer étaient traitées en priorité

Rahim Jaffer
Photo: Rahim Jaffer

Ottawa — Des représentants du gouvernement conservateur ont géré en priorité les appels et courriels de Rahim Jaffer, incitant même parfois des fonctionnaires à accélérer leurs réponses aux demandes de l'ancien député.

Des documents obtenus hier par la Presse canadienne démontrent que M. Jaffer utilisait parfois le courriel assigné au bureau de sa femme, Helena Guergis, ex-ministre d'État à la Condition féminine.

Les documents, qui comptent plus de 50 pages, montrent que M. Jaffer a contacté au moins six ministères au cours de la dernière année. Rahim Jaffer et son partenaire d'affaires Patrick Glémaud travaillaient sur des projets d'énergie renouvelable au sein de leur entreprise, Green Power Generation.

Dans certains cas, des fonctionnaires fédéraux ont même été pressés de répondre rapidement aux requêtes de M. Jaffer pour des rencontres ou des révisions de descriptions de projets.

Rien dans les documents ne laisse croire que les projets de M. Jaffer ont reçu une aide financière du gouvernement fédéral, mais ils indiquent que les demandes de l'ancien député pour des rencontres ou de l'information ont été traitées avec rapidité.

M. Jaffer a entretenu une correspondance avec Doug Maley, un sous-ministre adjoint au ministère de la Diversification de l'économie de l'Ouest. «Pouvez-vous faire réviser ceci par quelqu'un de façon prioritaire, car je dois dire à Rahim vendredi après-midi si cela peut intéresser [le ministère de la Diversification de l'économie de l'Ouest]», a écrit M. Maley dans un message envoyé à un autre fonctionnaire.

Un membre du personnel du Parti conservateur a même demandé des explications pour le délai demandé avant que soit organisée une rencontre avec MM. Jaffer et Glémaud.

Une série de courriels échangés entre des représentants de Travaux publics Canada laissent croire qu'ils ont fait des pieds et des mains l'automne dernier — à la demande du bureau du ministre Christian Paradis — pour organiser une rencontre avec l'entreprise de Rahim Jaffer au sujet d'une proposition pour l'installation de panneaux solaires sur le toit d'immeubles fédéraux.

«Cette demande provient du bureau du ministre», annonce un courriel qui porte l'indication de haute importance.

«Désolé d'être casse-pieds, mais le bureau du ministre demande quand», peut-on lire dans un autre message électronique.

Le directeur des affaires parlementaires du ministre Paradis en est même venu à demander, dans un courriel, ce qui pouvait bien causer le retard.