Le gouvernement fédéral veut sortir les dents contre le gras trans

La guerre aux gras trans, ces matières grasses néfastes pour la santé du coeur, pourrait reprendre de plus belle. Ottawa évalue en effet la possibilité d'adopter un règlement qui forcerait les industriels à réduire la teneur en gras trans de leurs produits, et ce, au terme d'une politique d'autorégulation qui n'a pas donné les résultats escomptés, estime la ministre fédérale de la Santé.

«Les résultats [du programme de surveillance de Santé Canada] indiquent que d'autres réductions sont nécessaires pour atteindre pleinement les objectifs en matière de santé publique et réduire le risque de coronaropathies», a résumé il y a quelques jours Leona Aglukkaq lorsqu'interpellée en Chambre sur le sujet. La ministre a également ajouté qu'elle jonglait avec la possibilité d'adopter un règlement afin «d'atteindre ses objectifs de santé publique».

En juin 2007, Santé Canada a demandé à l'industrie agroalimentaire et au monde de la restauration de réduire, sur une base volontaire, la teneur en gras trans de leurs produits. Le but? Qu'il représente 2 % ou moins de la teneur en matières grasses d'un aliment. En cas d'échec, un règlement serait alors adopté, indiquait Ottawa.

Or, deux ans et demi plus tard et au terme d'un programme d'évaluation piloté par Santé Canada, la ministre estime que l'objectif de réduction n'a pas été atteint. En décembre, la dernière analyse sur le terrain indiquait que 60 % des biscuits, 75 % des margarines, 75 % des croissants, 41 % des produits de poulet des chaînes de restauration rapide ne répondaient pas à la norme fixée par Ottawa et son Groupe d'étude sur les gras trans, formé au milieu de la décennie.

Ce type de gras, qui prolifère dans l'alimentation industrielle, est induit par l'utilisation d'huiles végétales partiellement hydrogénées. On le retrouve aussi de manière naturelle dans les produits laitiers. Les gras trans sont néfastes pour la santé puisqu'ils contribuent dans l'organisme humain à l'augmentation du mauvais cholestérol et à la diminution simultanée du bon. Même si Ottawa recommande des niveaux inférieurs à 2 % dans l'alimentation, les gardiens de la santé publique préconisent pour leur part de tout simplement les éviter.