Le duo Jaffer-Glémaud peine à dissiper les doutes

Ottawa — L'ex-député Rahim Jaffer et son partenaire d'affaires Patrick Glémaud n'ont pas réussi à dissiper les doutes quant à la nature de leurs activités. Au terme de leur comparution en comité parlementaire hier, les députés de toutes les formations politiques, y compris le Parti conservateur, en sont arrivés à la conclusion que M. Jaffer a probablement fait du trafic d'influence.

La comparution du duo était très attendue. Depuis l'expulsion d'Helena Guergis du cabinet et du caucus conservateur — pour des raisons non divulguées par le premier ministre —, l'attention s'est tournée vers son mari, M. Jaffer, et l'ex-candidat conservateur M. Glémaud. Les élus veulent savoir si M. Jaffer a exploité ses relations avec les conservateurs au pouvoir pour faire avancer ses intérêts financiers et s'il s'agit de la véritable raison de la mise à l'index de Mme Guergis.

«Nous n'avons rien fait de mal», a maintes fois répété Rahim Jaffer aux députés. «Notre entreprise ne fait pas dans le lobbyisme», a-t-il insisté. Ses rencontres avec ses anciens collègues étaient de nature «sociale» et il était normal qu'ils s'enquièrent alors de ses nouveaux projets professionnels.

Les députés ont toutefois cité le site Internet personnel de M. Jaffer, sur lequel on peut lire qu'en tant que dirigeant de Green Power Generation (GPG), il «fournit à l'entreprise une expérience dans l'industrie du financement afin de l'aider à obtenir l'appui du gouvernement canadien et à décrocher des contrats à l'étranger». De plus, M. Jaffer avait approché le secrétaire parlementaire du ministre des Transports, Brian Jean, à propos de trois projets susceptibles d'obtenir des fonds fédéraux «verts».

«Vous devez reconnaître que ce genre de comportement nous salit tous», a même lancé Chris Warkentin, un député... conservateur. Le duo Jaffer-Glémaud a même soutenu ne plus se rappeler le nom des trois entreprises au nom desquelles M. Jaffer a approché Brian Jean, provoquant l'hilarité du comité.

Notons enfin que, lors de l'arrestation de Rahim Jaffer le 11 septembre dernier, un sac de cocaïne a été trouvé sur lui. Les accusations ont été abandonnées, mais M. Jaffer a voulu commenter cette affaire hier.

«Jamais n'ai-je pris part à quoi que ce soit ayant un rapport avec une substance illégale, ni n'ai-je cautionné ce genre de comportement. C'est pourquoi, je crois, ces accusations contre moi ont été abandonnées. Ceci étant dit, j'aurais dû faire plus attention à ne pas me placer dans cette situation compromettante.»