Droits et Démocratie - Les dirigeants reçoivent la monnaie de leur pièce

Ottawa — Les têtes dirigeantes de Droits et Démocratie ont goûté à leur propre médecine hier. Après avoir accusé l'ancien président de l'organisme, Rémy Beauregard, de mauvaise gestion et ses employés, de s'être laissés acheter, ils ont eux-mêmes été accusés de s'être graissé la patte en utilisant les fonds de l'organisme fédéral.

C'était au tour hier de la veuve de M. Beauregard, Suzanne Trépanier, de comparaître en comité parlementaire, de même que Payam Akhavan, un ancien membre du conseil d'administration non aligné avec les autres dirigeants, ainsi que deux anciens présidents, Ed Broadbent et Warren Allmand.

M. Akhavan a soutenu que depuis que Jacques Gauthier est le vice-président de l'organisme, le budget consacré aux émoluments des membres du conseil d'administration a doublé, passant de 40 000 $ à 80 000 $.

Il a raconté que lorsque M. Gauthier s'est rendu en Chine pour des rencontres de six jours, il s'est fait rembourser 11 jours de travail. «Les autres ont reçu des honoraires de 500 $, mais M. Gauthier a facturé 3575 $, incluant cinq jours de préparation. M. Gauthier travaille à temps plein à son cabinet d'avocats et j'ai de la difficulté à voir comment il aurait pu consacrer cinq jours entiers à se préparer à une rencontre en Chine pendant laquelle des mondanités ont été échangées», a lancé M. Akhavan.

Le témoignage de Mme Trépanier a pour sa part été très émotif. À plusieurs reprises, elle en est venue aux larmes. Elle a voulu laver la réputation de son mari, salie selon elle par le président du conseil d'administration, Aurel Braun, par le vice-président, Jacques Gauthier, ainsi que par David Matas et Elliot Tepper, deux autres membres du conseil d'administration.

«Je désire que la réputation de mon mari cesse d'être ternie par des gens qui, à mon avis, par leur acharnement irrationnel, leur mauvaise foi évidente et le harcèlement prolongé qu'ils lui ont fait subir pendant plusieurs mois ont fini par avoir un effet très néfaste sur sa santé», a-t-elle lancé avec des pointes de rage dans la voix.

Après son témoignage, Mme Trépanier s'est dite convaincue que ce sont ces membres du conseil d'administration et leur attitude envers son mari qui ont précipité son décès en janvier dernier.

Mme Trépanier ne digère pas qu'un rapport d'évaluation négatif ait été rédigé à l'insu de son mari par le quatuor Braun-Gauthier-Matas-Tepper en parallèle à une autre évaluation, positive celle-là, endossée par la majorité du conseil d'administration. M. Beauregard y était accusé d'avoir parlé à des terroristes, notamment. Mme Trépanier a demandé que ce rapport, dont certaines inexactitudes ont depuis été rapportées, soit retiré du dossier de son mari au ministère des Affaires étrangères. Le gouvernement a refusé hier sous prétexte qu'il fait partie des archives.
5 commentaires
  • Sanzalure - Inscrit 14 avril 2010 07 h 11

    Juge et partie

    Le gouvernement n'a plus la crédibilité pour gouverner. Il est sur le banc des accusés. Ce n'est pas à lui d'accepter ou refuser quels éléments de preuves seront retenus contre lui.

  • Danielle Nicolopoulos - Inscrit 14 avril 2010 08 h 35

    A en croire M. Gauthier...


    A en croire M. Gauthier, nous aurions une mauvaise vision de la crise au sein de "Droits et Démocratie" :

    "La presse d'une part, d'anciens présidents d'autre part, ont kidnappé cette histoire et construit des dimensions très politiques (...) vous transformez une histoire qui est longue et large, et vous la réduite (sic) à une question palestinienne..."
    http://www.radio-canada.ca/emissions/une_heure_sur

  • Jacques Allard - Abonné 14 avril 2010 10 h 05

    Participes passés, participes passés !

    de s'être laissé acheter : le participe de s'accorde pas,
    puisque ce n'est pas eux qu'ils ont laissés,
    comme dans l'exemple « après un mois de fréquentation, ils se sont laissés » ;
    ils n'ont pas laissé qui,
    mais plutôt : ils n'ont pas laissé acheter qui.
    JA

  • Michèle Dorais - Abonnée 14 avril 2010 11 h 07

    Prix John Peters Humphrey décerné à Rémy Beauregard

    http://www.ichrdd.ca/site/humphrey_award/index.php

    « Droits et Démocratie (Le centre international des droits de la personne et du développement démocratique) décerne chaque année le prix John-Humphrey afin d'honorer un organisme ou une personne de toute région du monde, y compris le Canada, pour sa contribution exemplaire à la promotion des droits de la personne et du développement démocratique. Le prix comprend une bourse de 30 000 $ et prévoit une tournée de villes canadiennes afin de sensibiliser le public au travail de la lauréate ou du lauréat. Il a été créé pour rendre hommage au Canadien John Peters Humphrey, professeur de droit, qui a préparé le premier projet de la Déclaration universelle des droits de l'homme.»

    Fin des mises en candidature : 30 avril 2010.
    Dommage que je ne puisse pas soumettre le nom de M. Rémy Beauregard à titre posthume, le règlement l'interdit.

  • Pierre Rousseau - Abonné 14 avril 2010 12 h 15

    Détournement de démocratie

    Le gouvernement conservateur peut avoir les politiques qu'il veut et s'il veulent s'aligner sur Israël et détruire la réputation d'équité du Canada, ils le peuvent, c'est le système qui fonctionne comme ça et c'est le ministère des Affaires étrangères qui doit en être responsable. Mais de là à dicter à une ONG indépendante qui doit défendre les droits et la démocratie à travers le monde, il y a un fossé qui n'aurait jamais du avoir été franchi. Les subventions aux ONG ne doivent jamais être un outil de propagande d'un gouvernement car elles proviennent des taxes de tous les Canadiens dont on sait que plus de 60% sont contre les Conservateurs et ont voté contre eux aux dernières élections. Ces gens exigent que leur argent de leurs taxes soit réparti équitablement aux ONG crédibles et ne doivent pas servir de tremplin de propagande conservatrice.

    Les actions du gouvernement, du nouveau CA et en particulier du Ministre Cannon sont inexcusables et méprisables au plus haut point. M. Beauregard essayait de faire sa « job » mais on l'a poussé dans le coin et on l'a calomnié et humilié hypocritement pour des raisons purement politiques. Il était parfaitement justifié d'avoir des réserves sur les pressions inacceptables qui étaient faites contre lui et contre l'organisme dont il était responsable et ces matamores ont finalement eu sa tête. Une tache de plus au dossier des Conservateurs, une tache indélébile qui montre que ces gens n'ont aucune intégrité ni capacité à gouverner un pays.