Droits et Démocratie: la veuve de l'ancien président veut une enquête publique

Pour la veuve de Rémy Beauregard, l’ancien président de Droits et Démocratie, il ne fait pas de doute que le traitement qui a été réservé à son époux par le conseil d’administration a précipité sa mort.

Devant un comité parlementaire aujourd’hui à Ottawa, Suzanne Trépanier a réclamé une enquête publique sur l’organisme ainsi que des excuses de la part de membres du conseil.

Quelques fois en larmes, Suzanne Trépanier a dit qu’elle tenait à témoigner pour rétablir la réputation de son défunt mari, décédé en janvier.

«Mon mari était un homme en forme qui n’avait aucun problème cardiaque, qui n’avait pas de problème de santé majeur (...). Il n’était pas capable de voir qu’on essayait de détruire cet organisme-là», a-t-elle expliqué aux médias à la sortie du comité.

Selon Mme Trépanier, l’ancien président a succombé au stress. Des membres du conseil d’administration le harcelaient, lui reprochant de ne pas être suffisamment sympathique à la cause d’Israël, a-t-elle affirmé. Il est décédé d’une crise cardiaque dans la nuit suivant une réunion particulièrement conflictuelle avec les membres du conseil.

Mme Trépanier a réclamé qu’on retire du dossier de son mari un rapport où on lui reprochait, entre autres, de ne pas avoir d’employés juifs à ses bureaux montréalais.

Et elle a qualifié d’affront les lettres de condoléances que lui ont envoyées le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, et le bureau du Conseil privé, à qui son mari avait adressé des plaintes avant de mourir.

Conflit d’intérêts


Un autre témoin, l’administrateur démissionnaire Payam Akhavan, qui avait claqué la porte à l’issue de la réunion houleuse précédant la mort de M. Beauregard, a lui aussi demandé des excuses pour la famille du défunt, ainsi que la démission de certains membres du conseil d’administration.

Il a par ailleurs affirmé que l’un des membres du conseil, Marco Navarro-Génie, aurait été embauché par ce propre conseil pour travailler pendant une semaine à titre de conseiller, à l’époque où Jacques Gauthier agissait à titre de président par intérim, à la suite du décès de M. Beauregard.

Selon M. Akhavan, cette embauche est survenue sans que l’on ne sache le salaire accordé à M. Navarro-Génie ni la teneur de son mandat.

«Cela semblerait évidemment être un conflit d’intérêts pour tout membre d’un conseil d’administration que d’accorder à un autre membre du conseil un contrat, sans compter les circonstances très questionnables (qui prévalaient)», a noté M. Payam Akhavan.

Qualifiant ces informations de «hautement dérangeantes», le néo-démocrate Paul Dewar à demandé à ce que le comité puisse avoir accès aux documents portant sur ce contrat.