Droits et Démocratie en comité parlementaire - La haute direction brandit le manque de transparence

Quatre membres du conseil d'administration de Droits et Démocratie ont comparu hier en comité parlementaire. Le président, Aurel Braun, le vice-président, Jacques Gauthier, David Matas et Brad Farquhar ont tous soutenu que la crise a été fabriquée par les employés.

«Ceux qui craignent que le conseil d'administration ait reçu le mandat de totalement transformer cette institution en quelque chose qu'elle n'est pas ont tort pour ce qui est des programmes appuyés par l'organisme, mais ils ont raison en ce qui a trait à l'imputabilité et à la transparence», a lancé M. Gauthier.

«Ce n'est pas le conseil d'administration qui est dysfonctionnel, c'est l'organisme qui est dysfonctionnel, a déclaré pour sa part Aurel Braun. Les gestionnaires ont créé un certain nombre de crises, ont allumé des feux et [...] il est plutôt ironique qu'on nous demande, à nous qui combattons ces feux, de dire à l'avance combien d'eau on utilisera.»

Les quatre dirigeants disent avoir posé des questions concernant les programmes de l'organisme, mais n'avoir obtenu des employés que «des non-réponses, des esquives, un mépris dédaigneux et des tactiques dilatoires», a soutenu M. Farquhar.

Alors qu'il assumait la présidence par intérim (depuis le décès de Rémy Beauregard en janvier), Jacques Gauthier a accordé cinq contrats sans appel d'offres: à Deloitte et Touche (vérification interne), un chacun aux cabinets d'avocats Borden Ladner Gervais et Ogilvy Renaud, un à Sirco (firme de détectives) et enfin un à Prima Communications. Combien coûtent ces contrats? M. Gauthier a dit l'ignorer.

Aucune facture

«Je ne peux pas répondre parce que les factures n'ont pas été reçues. Mais c'est certainement plus de 10 000 $.» Le député néodémocrate Paul Dewar a rappelé qu'une règle interne de Droits et Démocratie oblige la tenue d'un appel d'offres pour tout contrat de plus de 10 000 $.

Les journalistes ont demandé pourquoi un tel appel n'avait pas eu lieu. «Tout ce qu'on a fait, c'est selon les règles», s'est borné à dire M. Gauthier. La tension était si vive que son porte-parole de Prima Communication, Peter Stockland, a poussé un journaliste tandis qu'un autre a tenté de bloquer le passage afin de permettre à leur client de s'enfuir.

M. Dewar s'interroge d'autant plus que Peter Stockland collabore aussi au groupe Cardus, dirigé par Michael Van Pelt, un autre membre du conseil d'administration de Droits et Démocratie. «Ils se donnent des contrats entre amis», dit-il. Notons que

M. Stockland étant présent dans la salle; il aurait pu informer

M. Gauthier de la valeur du contrat dont il est le bénéficiaire...

La hargne des témoins a à plusieurs reprises fait sursauter les députés de l'opposition. Par exemple, M. Farquhar a relevé que Marie-France Cloutier, une employée aujourd'hui congédiée pour insubordination, a continué ses activités pendant son congé de maladie pour épuisement. «Nous savons qu'elle a assisté aux funérailles de M. Beauregard, qu'elle s'est rendue à Ottawa rencontrer des fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères, a écrit une lettre dans l'Ottawa Citizen et est allée en voyage planifié depuis longtemps à Walt Disney.»

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1 commentaire
  • Documentation Centre International des droits de la personne - Inscrit 3 avril 2010 09 h 08

    Re: :Un congé de maladie"

    Comme vous avez raison, M. Tremblay. Sur toute la ligne.