Droits et Démocratie - Les employés se vident le coeur devant un comité parlementaire

Ottawa — Après s'être contraints au silence, les employés de Droits et Démocratie se sont vidé le cœur hier. Ils ont comparu devant le comité parlementaire à Ottawa pour expliquer comment la haute direction de l'organisme les «harcèle» et semble obnubilée par la crise au Proche-Orient.

«L'environnement est extrêmement tendu, menaçant et malsain», a lancé Micheline Lévesque, vice-présidente du syndicat des employés de Droits et Démocratie. «Nous faisons l'objet d'enquêtes que nous jugeons abusives.»

Charles Vallerand, un des trois employés congédiés présents hier, a expliqué que le harcèlement à Droits et Démocratie par la haute direction, notamment les président et vice-président du conseil d'administration, Aurel Braun et Jacques Gauthier, s'effectuait à coups de «petits gestes». Par exemple, lorsqu'Israël a entamé sa mission «plomb durci» en territoires occupés, Droits et Démocratie avait cru bon de diffuser un communiqué de presse rappelant aux deux parties leur obligation de protéger les non-belligérants.

«Il n'y a pas eu de communiqué de presse», relate M. Vallerand, parce que Jacques Gauthier «aurait voulu que l'on condamne les Palestiniens comme étant responsables du conflit. Ce n'est pas à nous de faire cela.»

«La crise est provoquée par la présence de membres au conseil d'administration qui ne semblent pas croire au mandat de Droits et Démocratie», a soutenu le président du syndicat, Maxime Longangué.

M. Longangué a raconté que, devant témoin, Jacques Gauthier lui aurait dit que le gouvernement fédéral «n'attendait plus que quelques incidents surviennent pour fermer le centre».

Les députés conservateurs ont écouté poliment les témoins, mais croient qu'il n'est pas dans leur mandat de s'occuper de la gestion interne d'un organisme indépendant.

Par ailleurs, un des membres du conseil d'administration, Marco Navarro-Génie, a accusé hier dans le National Post le comité parlementaire de s'adonner à un «simulacre de justice». «Les "wannabees" du gouvernement de coalition s'en prennent encore une fois à une institution autrefois respectée», écrit-il. Il y a une semaine, il avait cosigné une lettre avec MM. Braun et Gauthier demandant la tenue d'audiences en comité.

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Avec la collaboration d'Alec Castonguay

Avec La Presse canadienne
11 commentaires
  • Konstantin Kozlov - Inscrit 31 mars 2010 08 h 54

    Changement de direction est la bonne.

    Tout ce malheur qui arrive aux ces employées est une faut de direction précédente qui a supporter les groupes terroristes palestiniens. Le gouvernement fédéral a changé cette pratique et c’est bon pour le Canada et pour son image à l’étranger aussi.

  • fantomas - Inscrit 31 mars 2010 09 h 20

    Le malheur, c'est les conservateurs

    Monsieur Kozlov, Droit et Démocratie n'appuie aucun groupe terroriste palestinien ou autre. Prétendre un chose pareille, c'est faire de la désinformation. Je ne crois pas qu'il soit bon pour l'image du Canada d'afficher un parti-pris israélien aussi grossier. Je ne crois pas qu'il soit bon pour le Canada de voir ses institutions démocratiques bafouées, et ses employés intimidés par ces prédateurs que sont les conservateurs. Le malheur, c'est eux.

    Joël da Silva

  • michel lebel - Inscrit 31 mars 2010 09 h 42

    Pourquoi?

    Est-ce que le conflit israélo-palestinien est la principale cause des problèmes rencontrés chez cet organisme? Ce dernier aurait été trop pro-palestinien, trop éloigné de la position gouvernementale? Est-cela le fond de la question? Ça me semble un peu simple comme explication, mais peut-être est-ce le cas? Seule une enquête indépendante et impartiale pourrait sans doute expliquer les causes de cette malheureuse et troublante situation. Le tout doit être absolument tiré au clair.

    Michel Lebel
    Ancien professeur des droits et libertés de la personne

  • Rodrigue Guimont - Abonnée 31 mars 2010 10 h 19

    Droits et démocratie: Il ne faut surtout pas baisser les bras

    Monsieur Konstantin Kozlov, vous pensez comme un joueur de football, tout dans les pieds. « Droits et démocratie » était un organisme gouvernemental apolitique qui se déployait partout où les droits démocratiques étaient menacés, qu’importait l’orientation politique des pays.

    Monsieur Harper et son gouvernement minoritaire très conservateur veulent en faire un organisme d’hommes et de femmes connus pour leur orientation chrétienne et sioniste en cessant tout programme humanitaires au Proche-Orient, en proposant entre autres, de mettre fin et de cesser toutes relations avec tous groupes ou associations qui critiquent Israël.

    De plus et chose plus grave encore, et toujours pour les mêmes raisons, ce gouvernement souhaite mettre fin à la collaboration d’avec le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU basé à Genève, organisation contraire aux visées de Monsieur Harper.

    La démocratie, ou «le gouvernement DU peuple, PAR le peuple, POUR le peuple» (Abraham Lincoln) au bénéfice de tous les citoyens, n’a jamais été la corde sensible à l’évidence de votre héros Monsieur Harper. Renseignez-vous…

  • Pierre Rousseau - Abonné 31 mars 2010 10 h 55

    Politiser une ong neutre?

    L'essence de D