La mobilisation pour Droits et Démocratie prend de l'ampleur

Plus de 100 personnes ont manifesté hier devant les locaux de Droits et Démocratie, à l’angle des rues De Maisonneuve et Amherst, à Montréal.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir Plus de 100 personnes ont manifesté hier devant les locaux de Droits et Démocratie, à l’angle des rues De Maisonneuve et Amherst, à Montréal.

La mobilisation pour forcer le gouvernement Harper à changer la composition du conseil d'administration de l'organisme Droits et Démocratie prend de l'ampleur. Manifestations, pétition, site Internet, lettres ouvertes... Plusieurs organismes et les grandes centrales syndicales entrent maintenant dans la danse, espérant faire bouger le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, qui laisse la crise se poursuivre à Droits et Démocratie, un organisme fédéral basé à Montréal.

Dans les derniers jours, un site Internet (mouvementdroitsetdemocratie.org) a été mis sur pied grâce à l'aide du Syndicat canadien de la fonction publique. On y retrouve l'historique de la crise à Droits et Démocratie, plongé dans la tourmente depuis janvier dernier. On incite aussi les gens à l'action, notamment en signant la pétition en ligne. Jusqu'à présent, plus de 1500 personnes ont apposé leur nom au bas du plaidoyer.

Hier, le virtuel a rejoint le réel, puisque plus de 100 personnes ont manifesté devant les locaux de Droits et Démocratie, à l'angle des rues De Maisonneuve et Amherst, à Montréal. Au même moment, une réunion du conseil d'administration, qui est au coeur de la controverse, battait son plein dans l'édifice.

Parmi les organismes présents à la manifestation, on remarquait Amnistie internationale, la Fédération des femmes du Québec, la Ligue des droits et libertés, le Conseil québécois des gais et lesbiennes, l'Alliance de la fonction publique, la FTQ, la CSN, le FRAPRU, etc. Près de 50 organismes demandent au gouvernement de lancer une enquête indépendante «afin de faire la lumière sur tous les événements récents» qui secouent l'organisme.

Les groupes et les citoyens qui ont signé la pétition demandent aussi la nomination d'un président «dont l'indépendance et l'expertise sont reconnues», puisque le nouveau président, Gérard Latulippe, ne remplit pas ces critères, disent-ils. On demande également que le conseil d'administration soit «indépendant» et que de nouveaux membres «crédibles» soient nommés.

Manque d'indépendance

Droits et Démocratie, créé en 1988, relève du Parlement fédéral, mais c'est le gouvernement qui nomme les membres du conseil d'administration et le président de l'organisme.

«La partisanerie, c'est la pire des choses quand on s'occupe des droits humains, affirme Anne Sainte-Marie, d'Amnistie internationale. Le conseil actuel a perdu toute crédibilité avec ses agissements.»

Selon Warren Allmand, qui a été président de Droits et Démocratie entre 1997 et 2002, l'organisme, jadis indépendant, est maintenant à la solde d'un conseil d'administration qui tente d'imposer son idéologie pro-Israël et sans nuance sur les activités de Droits et Démocratie. «Avec cette crise, le Canada a perdu beaucoup de crédibilité dans les milieux des droits humains à travers le monde», a-t-il dit hier, lors de la manifestation.

Cet hiver, 46 des 47 employés de Droits et Démocratie ont demandé la démission du président du conseil d'administration, Aurel Braun, et des deux vice-présidents du conseil: Jacques Gauthier et Elliot Tepper. Les employés soutiennent qu'ils ont fait du profilage ethnique, exigeant de savoir qui était arabe et pourquoi il n'y avait pas d'employés juifs dans l'organisme.

En janvier, deux membres du conseil d'administration ont démissionné pour protester contre le virage pro-Israël imposé à l'organisme par le conseil d'administration. Ce dernier a forcé l'organisme à supprimer les subventions qui étaient accordées à des groupes actifs au Proche-Orient qui ont critiqué Israël dans le passé.
3 commentaires
  • Roland Berger - Inscrit 27 mars 2010 21 h 40

    La claire position des conservateurs

    Au fond, les conservateurs nous disent : « Si on n'était pas tellement pour (Israël), on pourrait peut-être être contre. »
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

  • Jonathan Choquette - Inscrit 28 mars 2010 10 h 12

    C'est un autre syndicat

    Très bon article, mais c'est l'Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) qui a aidé à mettre sur pied le Mouvement Droits et Démocratie ainsi que le site web mouvementdroitsetdemocratie.org, pas le Syndicat canadien de la fonction puublique. Comme vous l'avez mentionné, des membres de l'AFPC étaient présents à la manifestation de vendredi.
    Alain Cossette,
    AFPC Communications, Ottawa

  • Le Voyageur - Inscrite 28 mars 2010 11 h 34

    Stephen Dictateur!

    Depuis quelques temps, j'ai l'impression que notre démocratie canadienne s'érode de plus en plus à cause de l'idéologie conservatrice, pro-Bush et pro-sioniste de Harper. Depuis plusieurs années, de plus en plus de groupes de personnes essaient de manipuler la population et de lui laver le cerveau par la propagande. Je savais depuis le début que Harper ne ferait pas un bon homme d'État, mais pas à ce point!
    2010 est devenu peut-être l'année noire de notre pays. Position pro-sioniste plus marquée, contrôle excessif de la presse, préférence pour inviter la droite républicaine américaine extrémiste (Ann Coulter) plutôt qu'un pacifiste modéré palestinien (M.Barghouti), prorogation du Parlement pour éviter de nombreux scandales, indifférence pour l'environnement, rejet de la neutralité et maintenant, intervention musclée dans les organismes indépendants pour la démocratie et les droits de l'homme!?
    Jamais notre image a été aussi ternie cette année-là, et de plus en plus de Canadiens s'en rendent compte. Et moi, je suis inquiète et j'ai très peur, parce qu'on est maintenant gouverné par des gens qui, chaque jour, remettent en question les valeurs les plus sacrées du Canada. Ce n'est plus de la démocratie, c'est une dictature!!!