Droits et Démocratie - La veuve de Beauregard serait entendue

Ottawa — Les députés conservateurs mettront de côté leurs tactiques dilatoires et laisseront finalement témoigner la veuve de Rémy Beauregard, l'ancien président de l'organisme Droits et Démocratie décédé en pleine tourmente interne.

C'est du moins ce qu'a laissé entendre hier à la Chambre des communes le ministre des Transports, John Baird. «Nous avons dit que nous espérons que le comité mette de côté la politique partisane, mette de côté les querelles créant la division et s'entende sur un ordre du jour permettant à [la veuve Suzanne] Trépanier, qui a subi une grande perte, de partager son point de vue avec le comité et les Canadiens», a dit le ministre.

La semaine dernière, les députés conservateurs avaient fait dérailler les travaux du comité parlementaire en parlant sans interruption après que l'opposition eut fait connaître son intention d'inviter Mme Trépanier à témoigner. Mme Trépanier laisse souvent entendre que son conjoint est décédé à cause de la pression grandissante qu'il subissait à son travail.

Les audiences auront lieu plus tard cette semaine ou la semaine prochaine. L'actuel président du conseil d'administration, Aurel Braun, devait témoigner aujourd'hui pour expliquer ce qui l'oppose, lui et ses alliés désormais majoritaires sur le conseil d'administration, aux autres membres. Mais M. Braun a finalement décidé hier de ne pas se présenter. Il n'a pas répondu à notre demande d'entrevue.

Ce refus a d'autant plus fait sourciller qu'il a, avec ses alliés du conseil d'administration, cosigné le même jour, dans l'Ottawa Citizen, une lettre invitant à la tenue d'une audience publique sur Droits et Démocratie, pour dissiper les faussetés — selon eux — entendues jusqu'à présent. «Nous en appelons au Parlement pour que des audiences publiques aient lieu et que les fantaisies cèdent le pas aux faits», écrivent-ils. Quant au remplaçant de M. Beauregard, Jacques Gauthier, il a fait savoir par son porte-parole, Pierre Ostiguy, qu'il serait disponible en avril seulement.

Par ailleurs, le gouvernement a indiqué qu'il n'était pas dans son intention de laisser pourrir la situation à Droits et Démocratie pour pouvoir ensuite fermer l'organisme, comme le laisse entendre l'opposition. «Il n'est pas question de fermer l'organisme», a indiqué le ministre Baird.