Droits et Démocratie - La FIDH épingle Stephen Harper

La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), qui regroupe 155 organismes dans le monde, épingle le gouvernement Harper concernant sa gestion de la crise à l'organisme fédéral Droits et Démocratie. La FIDH réclame une enquête indépendante et dénonce la nomination de Gérard Latulippe au poste de président de l'organisme.

Dans un communiqué de presse diffusé simultanément hier à Montréal et à Paris, la FIDH dit s'inquiéter de la crise actuelle à Droits et Démocratie, «qui met en péril le travail de cette organisation» versée dans le respect des droits de la personne.

La FIDH et sa composante au Canada, la Ligue des droits et libertés, se disent également «très préoccupées par la confiance accordée par le gouvernement canadien au conseil d'administration actuel», qui est au coeur de la tempête depuis des semaines.

La FIDH ajoute: «Certaines positions de M. Latulippe, notamment sur la peine de mort et le mariage homosexuel, telles que dévoilées la semaine dernière dans les médias canadiens, dont Le Devoir, démontrent clairement que M. Latulippe n'a pas l'autorité morale pour diriger Droits et Démocratie. La FIDH et la Ligue demandent donc au Canada de reconsidérer cette nomination.»

La crédibilité du Canada

Les deux organismes affirment que la «crédibilité» du Canada est en jeu. «Droits et Démocratie traverse depuis près d'un an une crise qui entache gravement sa réputation et fait craindre pour son avenir. C'est pourquoi la FIDH demande au gouvernement canadien d'ordonner immédiatement la tenue d'une enquête indépendante afin de faire la lumière sur tous les événements récents et de nommer une présidente ou un président dont l'indépendance et l'expertise en droits de la personne sont reconnues et un conseil d'administration compétent et indépendant.»

Malgré l'opposition du Parti libéral, du Bloc québécois et du NPD, Gérard Latulippe a été nommé à la présidence de Droits et Démocratie mercredi dernier par le ministre Lawrence Cannon.

M. Latulippe a déjà soulevé la controverse dans le passé. Il été ministre libéral provincial sous Robert Bourassa, où il a dû démissionner pour des raisons de conflit d'intérêts. En 2000, il a coprésidé la campagne à la chefferie de Stockwell Day qui, une fois chef, en a fait son lieutenant québécois pour l'Alliance canadienne.

Celui qui dirigera la destinée de l'organisme qui se consacre aux droits de la personne s'est déjà prononcé contre le mariage homosexuel. Il s'est aussi prononcé pour la peine de mort dans le cas de «criminels en série».

Il a déposé un mémoire à la commission Bouchard-Taylor dans lequel il faisait le lien entre une immigration musulmane croissante et les menaces terroristes au Québec.

Il a déjà été délégué du Québec à Bruxelles et Mexico. Récemment, il était directeur résident du National Democratic Institute (NDI) en Haïti. Il était auparavant directeur du NDI au Maroc.
2 commentaires
  • jacques noel - Inscrit 6 mars 2010 07 h 23

    La grosse vie à DD

    La vie semble assez agréable à DD. L'organisme a ouvert une sweat shop dans un pays où les droits de l'homme en arrache beaucoup:

    "Le bureau européen de Droits et Démocratie en Suisse a été créé en 2007 en tant qu’organisation sans but lucratif établie sous loi suisse".

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    Les employés n'ont pas trop à s'inquiéter pour leur retraite. L'an passé ils ont allongé 168,457$ au régime de retraire de la fonction publique. DD a plus que doublé la mise; 392,889$. C'est ce qu'on appelle protéger ses droits

    http://www.dd-rd.ca/site/_PDF/publications/annual_

  • Suzanne Savard - Inscrit 6 mars 2010 12 h 33

    Droits et Démographie

    Mille fois BRAVO pour votre combat re "Droits et Démocratie"
    De grâce, ne lâchez pas prise jusqu'à ce que justice soit rendue!