Environnement - Rien pour verdir le bilan des conservateurs

Ottawa — Pas un sou de prévu pour la Fondation canadienne pour les sciences du climat et de l'atmosphère (FCSCA), une diminution du budget d'Environnement Canada (EC) et un changement important dans le processus d'évaluation environnementale des projets énergétiques: le budget d'hier n'aura pas permis de rapprochement entre le milieu environnemental et le gouvernement conservateur.

Au contraire, en refusant de renouveler le financement de la FCSCA (dont les coffres sont vides, la dernière subvention de 50 millions accordée en 2004 étant épuisée), le gouvernement fédéral a donné hier à 346 chercheurs de haut niveau le signal de l'exode vers d'autres pays, ont estimé les partis d'opposition et les milieux scientifiques.

Ils étaient atterrés de constater l'absence d'engagement du fédéral pour renouveler les fonds alloués aux recherches sur le climat, de même que la réduction de 53 millions sur trois ans imposée à EC à la suite des examens stratégiques.

Thomas Mulcair, du Nouveau Parti démocratique, a parlé d'une «catastrophe». Pour Bernard Bigras, du Bloc québécois, c'est une «décision dramatique, contraire aux engagements du Canada à Copenhague».

Selon Jacques Derome, chercheur réputé de l'Université McGill en modélisation climatique et ancien membre du conseil d'administration de la fondation privée de fonds à long terme, cela provoquera un «exode des cerveaux» rapide vers d'autres pays, ce qui appauvrira toute la recherche universitaire canadienne en climatologie et dans les sciences connexes. Faute de financement de recherche, les chercheurs sans statut permanent vont devoir se diriger ailleurs, et la crédibilité du Canada dans les instances internationales va s'en ressentir, dit-il.

Évaluation

Ottawa a par ailleurs indiqué hier que le processus d'évaluation environnementale des grands projets énergétiques se ferait dorénavant différemment. L'Agence canadienne d'évaluation environnementale perdra cette partie de son mandat, qui sera transférée à l'Office national de l'énergie (ONE — dont le budget est en même temps réduit de 600 000 $ sur trois ans) et à la Commission canadienne de sûreté nucléaire.

«Ça nous indique que les conservateurs considèrent que les évaluations environnementales font partie des "tracasseries administratives" qui les dérangent», a commenté Steven Guilbeault, d'Équiterre. «On s'arrange pour mettre fin aux évaluations sans le dire», croit-il.

M. Guilbeault estime que l'Office national de l'énergie est un bon organisme, «mais qui n'a pas l'expertise pour faire des évaluations environnementales. En plus, on lui donne une responsabilité plus grande, mais on coupe son budget». Thomas Mulcair craint pour sa part de voir «d'anciens membres de Gaz Métropolitain qui siègent à l'ONE décider des conditions environnementales des projets gaziers».

Le budget d'hier comporte par ailleurs une initiative de 100 millions sur quatre ans pour soutenir l'élaboration, la commercialisation et la mise en oeuvre de technologies avancées d'énergie propre dans le secteur forestier. Le gouvernement a également annoncé qu'il débloque 80 millions pour financer 60 000 projets de rénovation dans le cadre du programme écoÉNERGIE Rénovation-maisons.

On note finalement l'octroi d'un financement permanent de 8 millions pour la protection des Grands Lacs et 18 millions sur deux ans pour la production de rapports d'indicateurs de durabilité de l'environnement.

 
1 commentaire
  • pecas - Inscrit 5 mars 2010 08 h 59

    incroyable

    pas un sou pour l'environnement, mais au contraire il va avoir pour la
    defense nationale ???????
    j'espere que le quebec sera libere de cet gors fardeau