Le budget Flaherty prévoit des fonds pour le nucléaire et les isotopes médicaux

Le budget Flaherty fait mention d’une forme d’énergie dont on n’entend pas souvent parler: le nucléaire. En fait, il entend «donner au secteur de l’industrie nucléaire les moyens de prospérer».

Ainsi, le budget prévoit une somme de 300 millions $ pour appuyer les activités d’Énergie atomique du Canada et couvrir ses pertes commerciales anticipées.

Plus précisément, Énergie atomique du Canada doit trouver des moyens de fournir des isotopes médicaux de façon plus sûre dans ses laboratoires de Chalk River, aux prises avec des fuites. Énergie atomique du Canada doit également poursuivre ses travaux sur le réacteur CANDU avancé.

Le gouvernement a déjà lancé un processus de restructuration d’Énergie atomique du Canada, invitant des investisseurs et cherchant des compétences nouvelles.

Le budget 2010 s’intéresse également à la question des isotopes médicaux, un secteur en crise. Les isotopes médicaux servent notamment pour les tests diagnostiques pour le cancer.

Le budget Flaherty octroie 35 millions $ sur deux ans à Ressources naturelles Canada pour financer des recherches sur de nouvelles technologies de production d’isotopes.

De même, une somme supplémentaire de 10 millions $ sur deux ans sera accordée aux Instituts de recherche en santé du Canada pour former un réseau d’essais cliniques, afin de mettre en application ces recherches sur les isotopes et les technologies d’imagerie médicale.
Aussi, TRIUMF, le principal laboratoire du Canada en recherche nucléaire et en physique des particules, recevra une somme de 126 millions $ sur cinq ans dans ce budget 2010.

TRIUMF, pour Tri-University Meson, en Colombie-Britannique, collabore avec des partenaires industriels pour commercialiser des nouveautés scientifiques dans des domaines comme l’imagerie médicale de pointe, la médecine nucléaire et la recherche en sciences de l’environnement et des matériaux.

Au total, donc, l’aide fédérale aux activités de TRIUMF atteindra 222 millions $ au cours des cinq prochaines années.

Coordonnateur général adjoint chez Équiterre, Steven Guilbeault estime que le nucléaire n’est pas la solution. «L’énergie nucléaire n’est pas une énergie verte, ce n’est pas une énergie renouvelable, ce n’est pas une façon de lutter contre les changements climatiques.»

«Il faut beaucoup de temps, c’est très coûteux et risqué de développer l’énergie nucléaire», souligne M. Guilbeault, qui note que cette énergie se trouve en Ontario principalement. Et comme les sables bitumineux se trouvent en Alberta, cela fait dire au porte-parole écologiste qu’en matière d’énergie, les deux pôles de développement du gouvernement conservateur sont l’Ontario et l’Alberta.

Et pour les autres provinces, dit-il, il ne reste «que des grenailles».