Québec s'inquiète des coupes dans les paiements de transferts et la péréquation

Québec — Le gouvernement du Québec a accueilli avec méfiance le discours du Trône présenté hier par la gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, quant aux intentions du gouvernement fédéral.

La principale inquiétude du gouvernement Charest, à ce propos, a trait au silence du gouvernement Harper sur la péréquation et les paiements de transfert versés aux provinces.

Le Québec reçoit, au total, 15 milliards $ d'Ottawa, une somme «dont on ne peut se passer», a tranché la vice-première ministre, Nathalie Normandeau, au nom du gouvernement.

Or, le discours du Trône a été «complètement muet sur l'avenir de la péréquation», a déploré Mme Normandeau, en point de presse.

Pourtant, conjugués, les paiements de transfert et la péréquation constituent 24 % des revenus du Québec, a-t-elle rappelé, pour indiquer l'importance de l'enjeu.

Le discours du Trône lui est apparu, au total, «sans surprise».

Par ailleurs, Québec a déploré, une fois de plus, qu'Ottawa maintienne son objectif de créer une commission pancanadienne des valeurs mobilières.

Mme Normandeau a dit aussi qu'elle aurait souhaité qu'Ottawa dise plus clairement ses intentions quant à l'encadrement du pouvoir fédéral de dépenser, une revendication traditionnelle du Québec.
11 commentaires
  • Jean Claude Pomerleau - Inscrit 4 mars 2010 06 h 57

    La fin de la péréquation

    La fin de la péréquation: La fin du fédéralisme " rentable" .

    La remise en question de la péréquation s'organise; les études se multiplient pour démontrer l'iniquité de ce programme pour l'Ontario et l'Alberta. Une alliance entre ces provinces pour abolir ce programme est à prévoir.

    Ontario

    Voici un texte d'opinion de David MacKinnon (Chair of the Ontario Institute for Public Policy), qui fait pression depuis longtemps sur les politiciens de l'Ontario pour qu'ils réagissent à l'iniquité du programme de péréquation:

    "This issue has the potential to divide the country and to create much greater tension within the federation. For years, Ontario citizens have been content to accept the status quo, but there is evidence that is changing."


    http://www.thestar.com/opinion/article/772276--ine


    Alberta.


    Il vient de trouver un puissant allié en la personne du Ministre des finances de l'Alberta, M Morton (un pitt bull) récemment nommé pour en faire une priorité des priorités et l'imposer à Ottawa:

    "When Albertans see [billions] flowing out of the provinces and going to provinces where university tuition is half of what it is here - or there is $7-a-day daycare - it doesn't sit very well."

    http://www.theglobeandmail.com/news/national/an-un


    Pour le moment le PM de l'Ontario résiste à ouvrir le front, mais la pression de l'opinion publique monte. Et la charge contre la péréquation , perçue comme un cadeau au Québec, est inévitable.

    La péréquation est le ciment de la fédération, son abolition pourrait créer une dynamique ou tout serait possible. Le PQ commence
    à comprendre que l'on a rien à gagner à pratiquer une politique de la mendicité:

    http://www.vigile.net/Pour-en-finir-avec-la-perequ

    JCPomerleau

  • NicolasG - Inscrit 4 mars 2010 07 h 20

    La béquille

    Voilà. Peut importe notre vision de l’avenir du Québec, force est de constater que la péréquation est devenue la béquille sur laquelle la société québécoise s’appuie.

    Vivement le temps que les choses changent. Une société fière devrait tout faire pour arrêter de dépendre des autres pour la survie de ses programme sociaux.

  • Roland Berger - Inscrit 4 mars 2010 08 h 35

    À NicolasG

    Oui, la péréquation est une béquille, une béquille obligatoire par surcroît. C'est tout comme si on obligeait le Québec à lécher les bottes du gouvernement fédéral pour se donner ou conserver des programmes sociaux décents. Cette béquille a fini par créer une mentalité du petit pain, mentalité qui arrange parfaitement Charest et compagnie. Les Québécois sont les plus taxés en Amérique du Nord, répète notre chantre du fédéralisme pour faire leur faire oublier qu'ils sont privilégiés de vivre dans un coin du monde où le sort des gagne-petit demeure une préoccupation constante.
    Roland Berger
    St Thomas, Ontario

  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit 4 mars 2010 08 h 42

    Fierté nationale

    Si nous étions si fiers, nous serions déjà au travail avec notre chef les deux mains sur le volant pour faire en sorte que par de véritables réformes les paiements de péréquation ne soient plus nécessaires d'ici cinq ou dix ans. C'est cela, la véritable libération. Mais non, on préfère ne rien faire en attendant le jour où nous "détiendrons tous les leviers que nous offrirait l'indépendance". Comme ce sera dans la semaine des quatre jeudis, cela nous permet de nous asseoir sur les lauriers de notre narcissisme fleurdelysé et d'éviter l'effort. C'est comme rêver d'être riche en restant à la maison pour gratter des lottos. Le Québec est le royaume des "gratteux" de systèmes et de chimères.

  • Fernand Trudel - Inscrit 4 mars 2010 10 h 01

    Copenhague -prise 2

    Charest ne s'est pas privé de blâmer le gouvernement Harper pour l'exploitation des sables bitumineux qui procurent beaucoup de milliards en péréquation.

    Maintenant sachant que la Caisse de Dépôt a investi 40 milliards dasns les pétrolières et que le gouvernement fédéral serre ses dépenses, Charest s'inquiète de se faire couper la péréquation qu'il a besoin pour équilibrer le budget de son gouvernement. Il ne se préoccupe pas de réduit=re ses propres dépenses pour éviter de faire faillite comme la Grèce.

    C'est ça quand on crache en l'air, on s'expose à un ressac des déclarations émotionnelles et irrationnelles à Copenhague. Voici Copenhague prise 2 soit la suite de ses paroles...