Droits et Démocratie - Cannon s'entête

Ottawa — Envers et contre tous, le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a décidé d'imposer son choix à la présidence de l'organisme Droits et Démocratie. Son ancien collègue politique et militant allianciste de première heure, Gérard Latulippe, prendra donc les rênes de l'organisme malmené.

Les avis des partis d'opposition n'auront donc pas pesé dans la balance conservatrice. Tant le Parti libéral que le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique s'étaient opposés à cette nomination, qu'ils jugent partisane. Certes, M. Latulippe a une longue feuille de route en matière de développement international, mais ses allégeances politiques et ses prises de position tranchées les avaient rebutés.

Le ministre Cannon n'a pas daigné se rendre disponible hier pour expliquer sa décision. La confirmation de la nomination a été annoncée mardi soir, par un communiqué de presse affiché sur le site du ministère des Affaires étrangères à 22h20. «L'expérience internationale de M. Latulippe en matière de promotion de gouvernance démocratique et de renforcement de la société civile contribuera à l'avancement du travail de Droits et Démocratie, dit le ministre dans ce communiqué. Sa vaste expérience de la gestion de projets internationaux de développement économique et de la négociation d'accords bilatéraux complexes constituera un atout pour l'organisation.»

ll est arrivé dans le passé que des nominations à Droits et Démocratie n'aillent pas de l'avant après que le gouvernement eut consulté les partis d'opposition. Alors, pourquoi n'en est-il pas ainsi cette fois? La porte-parole du ministre, Catherine Loubier, a expliqué que, dans le passé, il est arrivé effectivement qu'une nomination soit abandonnée, parce que «le gouvernement avait jugé après consultation que les qualifications n'étaient pas adéquates. Cela n'a aucun rapport avec le cas présent. [...] Tous les commentaires de l'opposition ont été pris en compte pour en arriver à une décision».

M. Latulippe a été ministre dans le gouvernement libéral de Robert Bourassa en 1985, alors que M. Cannon était son collègue au caucus. Il a démissionné en 1987 pour avoir accordé des contrats à la firme d'avocats de sa conjointe. En 2000, il a codirigé la campagne au leadership de l'Alliance canadienne de Stockwell Day, est devenu son lieutenant québécois et s'est présenté comme candidat dans Charlesbourg à l'élection.
2 commentaires
  • Andre Vallee - Inscrit 4 mars 2010 08 h 38

    Canon

    Il ne change pas. Il continue de chercher les mots pour diluer la vérité. C'est vrai que tous les ministres ne sont que des courroies de transmission: objectif, extrême droite.

  • Gilles Teasdale - Abonné 4 mars 2010 13 h 28

    Démocratie

    Je suis toujours surpris de voir l'arrogance de ces petit dictateur allianciste. Je me demande quel sorte de personnes vote pour ça.

    Gilles Teasdale