Les conservateurs imposent un régime minceur à l’appareil gouvernemental

L’appareil gouvernemental subira une nouvelle cure d’amaigrissement, le gouvernement conservateur entendant limiter l’ensemble des dépenses des programmes fédéraux dans l’espoir d’enrayer un déficit dépassant les 55 milliards $.

Dans un long discours du Trône livré par la gouverneure générale Michaëlle Jean au Sénat aujourd’hui, le gouvernement de Stephen Harper a insisté sur le fait qu’il «scrutera à la loupe» toutes les dépenses ministérielles, et gèlera les budgets de fonctionnement des ministères.

Tous les programmes jugés superflus par les conservateurs pourraient donc voir leur budget sabré, mais les soins de santé, l’éducation et les régimes de retraite seront épargnés.

«(Le gouvernement) gèlera les budgets de fonctionnement des ministères, ce qui englobe les salaires, les frais administratifs et les coûts indirects», peut-on lire dans le document.

Le discours, censé donner le ton à la session parlementaire à venir et donner un avant-goût du budget fédéral déposé jeudi, est sans surprise principalement axé sur l’économie.

De l’avis des conservateurs, la fin des programmes de stimulation économique adoptés l’an dernier pour faire face à la récession permettra au gouvernement de faire un premier pas vers l’équilibre budgétaire. La deuxième étape consistera à serrer la ceinture à l’appareil gouvernemental, notamment en limitant les dépenses des programmes, ainsi qu’en gelant symboliquement les salaires des ministres, députés, sénateurs et du premier ministre.
«Les Canadiens vivent selon leurs moyens et s’attendent à ce que leurs gouvernements en fassent autant», est-il écrit.

De nouvelles compressions

Au début de son tout premier mandat, Stephen Harper s’était également engagé à couper dans les programmes que son gouvernement ne considérait pas efficaces. Des coupes particulièrement controversées en culture, dans le Programme de contestation judiciaire et au ministère de la Condition féminine avaient par la suite suscité une levée de boucliers dans la population.

Le gouvernement promet de favoriser la création d’emploi, de soutenir la formation des travailleurs et d’investir dans les sciences et les technologies.

Dans un autre ordre d’idée, il s’engage finalement à donner son aval à la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, ce qu’il refusait de faire malgré les demandes pressantes des autochtones au pays.

Les conservateurs entendent d’autre part favoriser l’investissement étranger, notamment dans le secteur des mines, des satellites et des télécommunications.

Ils promettent par ailleurs un allègement bureaucratique, en assurant qu’ils démêleront «le dédale de règlements qui complique inutilement l’approbation de projets», notamment dans le secteur de l’environnement. Une restructuration d’Énergie atomique du Canada limitée (EACL), placée sous les projecteurs avec la crise des isotopes médicaux, est également au programme.

Le monologue prononcé par la gouverneure générale reprend par ailleurs les thèmes chéris par le gouvernement Harper, comme la famille et la lutte contre le crime. On promet par exemple de bonifier l’aide aux familles monoparentales.

Le gouvernement compte par ailleurs maintenir le cap quant au registre des armes d’épaule, qu’il souhaite toujours abolir. Il a encore l’intention de créer un organisme pancanadien de réglementation des valeurs mobilières, malgré l’opposition farouche du Québec.

Les conservateurs ont plagié le titre du discours du Trône ?

Par ailleurs, les libéraux accusent les conservateurs d’avoir plagié un slogan électoral australien pour en faire le titre de leur discours du Trône.

Le discours est intitulé «Un Canada plus fort. Une économie plus forte. Maintenant et pour l’avenir», alors que le slogan électoral utilisé en 2004 par l’ancien premier ministre australien John Howard avait été «A Stronger Economy. A Stronger Australia» (Une économie plus forte. Une Australie plus forte).

Ce n’est pas la première fois que les libéraux accusent les conservateurs de s’être inspirés librement de M. Howard. Pendant la campagne électorale de 2008, ils avaient reproché au premier ministre Stephen Harper d’avoir plagié un discours prononcé en 2003 par M. Howard concernant la guerre en Irak. Le discours reprenait le ton et les principaux éléments de celui de M. Howard. Certains passages étaient identiques.

6 commentaires
  • Augustin Rehel - Inscrit 3 mars 2010 16 h 52

    Le copier-coller conservateur

    On la connaît bien la propension des conservateurs à imiter les autres. On se souvient de l'admiration du PM canadien pour le Président Bush. Maintenant que ce dernier est à la retraite, monsieur Harper se tourne vers d'autres cieux!

  • Claude Archambault - Inscrit 3 mars 2010 17 h 23

    Pas si mal

    Pas si mal considérant la situation. Un bon départ.

    Les gouvernement sont comme de grosse machine, ou bien on les nourrit avec plus d'argent ou bien on réduit la cylindrage. Harper fait ce choix à date, ce qui est le choix écologique.

    Québec devrait faire la même chose.... une cure d'amaigrissement radicale, quitte à couper des membres inutile ou trop dispendieux et servant qu'une minorité.

    way to go....

  • France Marcotte - Inscrite 3 mars 2010 18 h 32

    Surréelle...

    ...cette image où madame Jean, noire et toute menue, dans une pose arrangée et protocolaire, flotte dans le trône de subtitution de la reine d'Angleterre. À côté d'elle mais séparé par le drapeau canadien, le premier ministre Harper est assis, jambes écartées, l'air dubitatif d'un petit garçon qui n'a jamais fait de mal à une mouche (et pourtant!). Quel étrange pays que le Canada!

  • jacques noel - Inscrit 3 mars 2010 18 h 58

    Ca va mal au Québec...

    Déficit dans le pauvre Québec: 4,6 milliards, 590$ per capita
    Déficit dans la riche Alberta: 4,6 milliards, 1580$ per capita
    Déficit dans la riche Ontario: 24,7 milliards, 1930$ per capita
    Déficit du riche Canada: 56 milliards, 1700$ per capita
    Déficit des richissismes États-Unis: 1,800 milliards: 5920$ per capita

    Ca va tellement mal au Québec..

  • pierre savard - Inscrit 3 mars 2010 19 h 57

    Pas suffisant

    Il aurait fallu congédier au minimum 30 000 fonctionnaires en plus de baisser le salaire des fonctionnaires restants. Il faut aussi couper dans les fonds de pension des fonctionnaires. Diminuer les paiements de péréquations, fermer Radio-Canada et autres organismes inutiles. Nous nous dirigeons à grands pas vers une situation à la grecque. Nous vivons au dessus de nos moyens. Les grosses machines étatiques, tant fédéral que provinciales, ont fait leur temps. N'oublions pas qu'il y a 56 milliards à couper ! Les mesures d'aujourd'hui sont insuffisantes.