Droits et Démocratie - Trois directeurs sont congédiés

Ottawa — C'est maintenant une certitude: Droits et Démocratie se retrouvera avec une poursuite judiciaire sur le dos. Les trois directeurs qui avaient été suspendus le temps d'une enquête ont appris hier qu'ils étaient congédiés. Leur avocat, Julius Grey, contestera ces renvois devant les tribunaux.

La crise se poursuit donc de plus belle à l'organisme fédéral. Le mois dernier, trois directeurs de Droits et Démocratie avaient été suspendus avec salaire par le président par intérim, Jacques Gauthier. Officiellement, les raisons d'écarter Ramzik Panossian (politiques et programmes), Charles Vallerand (communications) et Marie-France Cloutier (administration) n'ont jamais été divulguées. Officieusement, on sait que le conseil d'administration, lui-même contesté par les employés, reprochait à ces trois dirigeants d'être à l'origine de la révolte interne et des fuites dans les médias.

Les congédiements d'hier tendent à confirmer cette thèse. Les trois directeurs ont reçu une lettre. Sans en révéler le contenu, Julius Grey indique que cette lettre «allègue toutes sortes de formes d'insubordination» de la part des trois employés.

Me Grey garantit qu'il y aura poursuite. Les trois employés demanderont une compensation pour congédiement abusif, dommages moraux et exemplaires. «Je ferai valoir que la façon et les circonstances justifient l'octroi d'autres dommages que pour un seul congédiement», explique l'avocat.

Tout cela arrive alors que Jacques Gauthier devrait en théorie en être à ses derniers jours en tant que président par intérim de l'organisme. Lui, qui est aussi vice-président du conseil d'administration, remplace Rémy Beauregard depuis son décès. Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, lui a trouvé un successeur en Gérard Latulippe, mais les partis d'opposition rejettent en bloc cette nomination, qu'ils jugent partisane. M. Cannon leur avait donné jusqu'à lundi pour se prononcer. Il est resté silencieux depuis.

Le porte-parole libéral en matière d'affaires étrangères, Bob Rae, déplore les congédiements. Lui qui connaissait bien Rémy Beauregard est convaincu que l'homme a subi des pressions et critiques injustifiées. «S'il n'y avait pas de justifications contre M. Beauregard, peut-être est-ce ce qui arrive en ce moment aux trois autres.»
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