Graham Fraser sur le français aux JO - Un bilan positif, malgré la cérémonie d'ouverture

Ottawa — La quasi-absence de français lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques donnera beaucoup de travail au commissaire aux langues officielles du Canada, Graham Fraser: une centaine de plaintes sur ce sujet ont été déposées à son bureau dans les derniers jours, soit plus de 10 % du volume annuel moyen.

Le Commissariat aux langues officielles reçoit entre 800 et 1000 plaintes annuellement sur une foule de sujets, a indiqué hier M. Fraser lors d'un entretien avec Le Devoir.

Le couac linguistique de la cérémonie d'ouverture occupera donc une place importante du rapport qu'il prépare sur la place du français à Vancouver et qui sera déposé au Parlement à l'automne. Mis à part une chanson interprétée par Garou et quelques performances sans paroles témoignant de la culture francophone, le lever de rideau des Jeux s'est fait en anglais, situation qui a été unanimement décriée par la classe politique canadienne et québécoise.

Mais selon Graham Fraser — qui avait lui-même exprimé sa déception au lendemain de l'ouverture —, les Jeux ont finalement accordé une bonne place au français, exception faite de la cérémonie d'ouverture: l'affichage, la signalisation, les cérémonies des médailles, la présentation des athlètes étaient bilingues, a-t-il noté. «C'est très positif.»

M. Fraser juge également que la cérémonie de clôture s'est mieux déroulée que la première. «J'ai remarqué que l'on a présenté les athlètes dans les deux langues, que la chanson de Vancouver et le thème des Jeux ont été chantés dans les deux langues, que John Furlong a parlé près de deux minutes en français [le président du Comité organisateur des Jeux n'avait dit que quelques mots en français lors de l'ouverture]... Cet aspect cérémonial a été tout à fait correct à mon avis.»

Pour ce qui est des prestations artistiques et de l'intégration du français dans le contenu, Graham Fraser n'a pas voulu jouer au «critique culturel». «Il y avait une présence francophone, a-t-il dit. Maintenant, quand on fait une aventure humoristique, il y a des gens qui trouvent ça drôle et d'autres non. C'est une question qui dépasse mon mandat.»

Le commissaire aux langues officielles refuse ainsi d'évaluer la qualité du contenu francophone. «On doit réfléchir plus en profondeur à l'image du pays qui a été présentée» à Vancouver, explique-t-il. Son rapport de l'automne s'attardera notamment à cette question.

Autrement, M. Fraser a dit avoir été «frappé» par le niveau de bilinguisme des athlètes canadiens, anglophones comme francophones. Une preuve, selon lui, que «la nouvelle génération est plus ouverte, plus bilingue que la génération de leurs parents».