Droits et Démocratie - Latulippe déplaît à l'opposition

Le Parti libéral du Canada et le Bloc québécois rejettent la candidature de Gérard Latulippe au poste de président de l'organisme Droits et Démocratie. Le NPD, de son côté, affirme qu'il n'est pas prêt à donner le feu vert à cette nomination, préférant étudier davantage la question avant de prendre une décision définitive.

Le gouvernement, qui doit consulter les partis d'opposition sur cette nomination étant donné que l'organisme relève du Parlement, devra donc imposer M. Latulippe s'il tient à ce candidat. Le bureau du ministre Lawrence Cannon n'a pas répondu à la demande de commentaires du Devoir hier.

En matinée, Gilles Duceppe, a confirmé que le Bloc québécois rejetait la nomination de Gérard Latulippe. Et les raisons sont multiples. «C'est pour l'ensemble de son oeuvre, a dit le chef du Bloc. Il a des positions qui contredisent celles du Parlement canadien sur le mariage gai et la peine de mort, ça part bien mal.»

Le Bloc en a aussi contre «l'absence de qualités diplomatiques», révélée selon M. Duceppe par la position de M. Latulippe sur la reconstruction d'Haïti. «Quand il nous dit qu'il faudrait mettre Haïti sous tutelle... Ce n'est pas la façon d'arriver et de discuter dans des pays qui ont besoin de l'expertise de Droits et Démocratie que d'avoir une telle position de départ.»

«Ce n'est pas la bonne personne», estime donc Gilles Duceppe, qui aurait souhaité que le gouvernement demande au Comité des affaires étrangères d'étudier la question plutôt que de tenter d'imposer quelqu'un.

Le chef libéral, Michael Ignatieff, va annoncer dans les prochains jours qu'il refuse lui aussi la candidature de M. Latulippe, a appris Le Devoir. Le PLC estime qu'il s'agit d'une nomination partisane — Gérard Latulippe a été lieutenant du Québec de Stockwell Day à l'Alliance canadienne — et qu'il n'a pas la neutralité nécessaire pour apaiser la crise au sein de l'organisme. M. Latulippe n'a pas non plus une très longue feuille de route en matière de développement démocratique et de droits de la personne, estime-t-on au PLC.