Les employés de Droits et démocratie sont consternés par les propos de Cannon

L'appui donné lundi par le ministre Lawrence Cannon aux membres controversés du conseil d'administration de l'organisme Droits et Démocratie a été reçu comme une «claque au visage» par les 47 employés de l'organisme fédéral, basé à Montréal.

Les sources contactées par Le Devoir à l'intérieur de l'organisme sont unanimes: les employés se sentent abandonnés par leur ministre. «C'est un mélange de consternation et de déception», résume l'un d'eux. Le personnel n'en revient pas que Lawrence Cannon appuie sans réserve les membres du conseil d'administration et donc leurs agissements.

«On est victimes d'un harcèlement psychologique basé sur nos croyances religieuses et notre ethnie, et la seule chose que le ministre dit, c'est qu'il fait confiance au conseil d'administration. On n'en revient pas», ajoute une autre source, qui a demandé l'anonymat pour pouvoir témoigner librement.

La nomination de Gérard Latulippe au poste de président ne réglera pas le problème, plaident les employés, qui ont unanimement demandé la démission du président du conseil, Aurel Braun, et des vice-présidents, Jacques Gauthier et Elliot Tepper. «Tant que le conseil d'administration reste en place, les problèmes fondamentaux ne se régleront pas, quel que soit leur candidat [à la présidence].»

Au sein de Droits et Démocratie, on estime que Gérard Latulippe est une nomination partisane, celui-ci ayant été longtemps impliqué à l'Alliance canadienne. «Il n'est pas la personne neutre et crédible qu'on attendait», dit un employé.

Quel mandat?

De plus, plusieurs employés s'interrogent sur le mandat que la firme Samson, Bélair, Deloitte et Touche a reçu du conseil d'administration. L'entreprise doit éplucher les livres de l'organisme entre 2005 et 2009. Par contre, hier la firme a fait une copie de tous les courriels reçus et envoyés par les employés de l'organisme au cours des deux dernières années. Plusieurs de ces employés n'ont aucun lien avec les finances de l'entreprise et l'octroi des subventions. «On cherche quoi? On dirait une chasse aux sorcières pour justifier la position du conseil d'administration», dit un employé.

Dans une lettre publiée par le National Post hier, les membres du conseil affirment que les problèmes de la reddition de comptes et de la transparence sont au coeur de cette histoire. Or les employés se demandent pourquoi l'enquête s'arrête à 2009, alors que plusieurs dépenses du conseil d'administration ont été faites depuis janvier dernier. Une firme de communication a été embauchée; un consultant (Marco Navarro-Génie) a été mis à l'oeuvre même s'il siège aussi au conseil d'administration; une firme d'enquêteurs privés a été utilisée... «Ils font des dépenses inutiles et ils ne sont pas soumis au mandat de Samson, Bélair. Belle transparence!», lance un employé.

Rappelons que la vérificatrice générale du Canada enquête sur les finances de l'organisme tous les ans. Le ministère des Affaires étrangères fait également des vérifications tous les cinq ans (la dernière fois en 2008). Tous les rapports consultés par Le Devoir sont positifs envers l'organisme.

Les quatre directeurs de Droits et Démocratie encore en poste ont d'ailleurs écrit une lettre à la firme comptable pour tenter de comprendre son mandat, puisque le conseil d'administration a refusé de l'expliquer aux employés.

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Avec la collaboration d'Hélène Buzzetti
5 commentaires
  • Sanzalure - Inscrit 24 février 2010 09 h 35

    Le peuple «élu»

    En démocratie, «une personne = un vote», tout le monde est égal dans l'isoloir. C'est exactement le contraire de l'idée d'un «peuple élu», chouchou de Dieu lui-même, qui fait que le reste du monde devient automatiquement formé de «rejects» de Dieu. Le vote des «élus» n'est pas égal à celui des «infidèles».

    À mon avis, les gens qui travaillent pour un organisme dont le nom est «Droits et démocratie», ne devraient pas être des membres d'un «peuple élu». Si de telles personnes insistent pour y travailler, ça ne peut pas être pour promouvoir le droit ou la démocratie, mais au contraire pour noyauter l'organisme et le détourner de sa mission première afin de protéger les intérêts de groupes qui rejettent la démocratie.

  • Roland Berger - Inscrit 24 février 2010 10 h 15

    Religion et démocratie

    La démocratie est l'ennemi no 1 des religions, dans lesquelles tout se décide à huis-clos, à l'abri de toute critique éventuelle. Confier un organisme créé pour défendre la démocratie à un «élu», c'est faire surveiller un poulailler par un renard.
    Roland Berger
    St Thomas, Ontario

  • Raymonde Chouinard - Inscrite 24 février 2010 10 h 55

    Centraide....

    J'espère que les fonds de l'organisme Droits et démocratie ne seront pas détournés au profit des organismes juifs comme ce fut le cas pour Centraide qui, à l'insu des donateurs, versait un pourcentage des dons recueillis aux organismes juifs, pour financer Israël au détriment de la Palestine.

  • Olivier Robichaud - Inscrit 24 février 2010 16 h 36

    Voyons donc Sanzalure...

    Vous n'allez tout de même pas exclure tous les Juifs de la participation démocratique... Ce n'est pas le fait d'être Juif qui est problématique, c'est le fait d'être intégriste, et ça, il y en a dans toutes les religions et dans toutes les cultures (même celles où la religion n'a pas une place importante).

  • Camille - Inscrite 25 février 2010 15 h 09

    Sanzalure oh là

    Vous l’êtes et dangereusement. Ce qui me dérange chez Droits et Démocratie c’est l’infiltration apparente type go-gauche solidaire pro-palestinienne. Vous Sanzalure, les Juifs vous dérangent, moi je ne trouve pas les musulmans, y compris le Hamas, le Hezbollah, l’OPLP et bon nombre de Palestiniens, automatiquement purs d’intentions humanitaires lorsqu’ils nous font la leçon et sont pour ainsi dire au cœur du litige mis au jour ici à D et D.
    Qu’il y ait enquête financière profonde. Et je suis d’accord avec le ministre Cannon. Il est parfaitement honteux que des employés, voire des directeurs, d’un organisme financé à même les deniers publics prélevés sur les impôts des citoyens qui en payent, osent dire qu’ils ne collaboreront pas à une enquête financière ou de quelqu’ordre qu’elle soit. Qui sont-ils ces zouaves ? Pour qui se prennent-ils ces employés ? Qu'on les foutent à la porte. Il ne manquerait plus maintenant que le Gouvernement de ce pays ne puisse vérifier et enquêter sur l’usage des fonds publics remis à des organismes.