Budget fédéral - Le NPD veut un gel d'impôts pour les entreprises

Jack Layton
Photo: Agence Reuters Blair Gable Jack Layton

Ottawa — À deux semaines du dépôt du budget fédéral, le chef du Nouveau Parti démocratique propose qu'Ottawa renonce à réduire davantage les impôts des entreprises. Les revenus gouvernementaux ainsi conservés permettraient de limiter le déficit et de ne pas avoir à sabrer les services directs à la population.

Jack Layton rencontrera le premier ministre Stephen Harper aujourd'hui pour lui faire part de ses propositions. Le NPD propose de geler le taux d'imposition des entreprises canadiennes au lieu de le réduire encore davantage au cours des deux prochaines années.

Rappelant que le taux d'imposition des entreprises canadien est déjà bien en deçà de celui en vigueur aux États-Unis, M. Layton conclut que «des baisses d'impôt supplémentaires n'ont pas de sens. Ce n'est pas un intérêt économique, mais l'idéologie pure qui pousse M. Harper à continuer de baisser les impôts pour les grandes banques et les entreprises pétrolières.»

Les profits des entreprises seront imposés à hauteur de 18 % cette année au Canada. Le taux d'imposition s'élevait à 29,1 % en 2000 — en incluant la surtaxe des sociétés aujourd'hui abolie. Les libéraux avaient adopté un plan pluriannuel de diminution de ce taux. Les conservateurs l'ont bonifié. Ainsi, le taux d'imposition est passé à 18 % le 1er janvier dernier (au lieu de 19 % en vertu du plan libéral) et baissera à 16,5 % en 2011 (les libéraux prévoyaient un taux plancher de 18,5 %), puis à 15 % en 2012.

Ces réductions d'impôt coûtent cher au trésor public. Pour l'année 2012-13, ce sont plus de six milliards de dollars en revenus qu'Ottawa ne touchera pas par rapport au scénario libéral (un taux de 15 % au lieu de 18,5 %). Ce pourrait être 1,2 milliard de dollars de plus si le gel néodémocrate est imposé (taux de 19 %). Pour le NPD, il n'est pas logique qu'Ottawa renonce à une telle somme dans un contexte de déficit. Cette même année 2012-13, le déficit fédéral sera de 11 milliards, selon Ottawa (19 milliards selon le directeur parlementaire du budget). La proposition du NPD vient diminuer de moitié ce manque à gagner.

«Les cadeaux au monde des entreprises planifiés par M. Flaherty ne rapportent aucun bénéfice, a lancé M. Layton. Les baisses d'impôt générales n'ont jamais été un outil de relance économique efficace.» Le chef du NPD propose d'utiliser cet argent, notamment, pour créer des emplois et prolonger les prestations d'assurance-emploi pour ceux qui n'ont pas encore profité de la reprise économique. Le chef libéral, Michael Ignatieff, a indiqué qu'il n'y a pas de rencontre prévue avec Stephen Harper pour discuter du budget, ce qu'il déplore.

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Avec la collaboration de Guillaume Bourgault-Côté