En visite à Port-au-Prince - Harper fait de l'aide à Haïti une priorité

Stephen Harper et René Préval entourés de soldats canadiens, hier, à Port-au-Prince.
Photo: Agence Reuters St. Felix Evens Stephen Harper et René Préval entourés de soldats canadiens, hier, à Port-au-Prince.

Port-au-Prince — Même si le gouvernement fédéral doit se serrer la ceinture pour retrouver l'équilibre budgétaire, les Canadiens accepteront qu'Ottawa vienne massivement en aide à Haïti, qui deviendra la priorité du pays en matière de politique étrangère, a soutenu hier le premier ministre Stephen Harper.

«C'est évident que la population canadienne appuie cette priorité», a déclaré M. Harper en conférence de presse à l'aéroport de Port-au-Prince, aux côtés du président haïtien, René Préval.

«Et évidemment, même dans une position fiscale un peu plus difficile dans les années à venir, on va avoir des priorités, et Haïti est notre priorité comme voisin des Amériques», a-t-il ajouté. Ottawa se dirige vers un déficit de 56 milliards cette année.

Répondant à une demande du gouvernement d'Haïti, Stephen Harper a annoncé hier que le Canada allait soutenir la construction d'une «base administrative», un siège temporaire pour la fonction publique haïtienne, pour ce pays ravagé par un tremblement de terre le 12 janvier. Ottawa y consacrera jusqu'à 12 millions de dollars. «Nous sommes déterminés à travailler avec le gouvernement d'Haïti et la communauté internationale», a-t-il affirmé. «C'est la raison pour laquelle nous commençons avec cette aide [...] afin de faire en sorte que les Haïtiens puissent développer un plan à long terme [de reconstruction] de la communauté internationale. C'est une étape majeure, importante et immédiate.»

Le complexe, composé d'abris modulaires et d'abris souples, accueillera des ministères et des fonctionnaires clés pendant une période qui pourrait atteindre un an. Pour le gouvernement haïtien, il s'agira d'un centre opérationnel centralisé à partir duquel l'on pourra coordonner le travail de reconstruction du pays.

Ottawa a déjà réalisé une évaluation préliminaire de la faisabilité ainsi que des coûts du transport, de l'installation, des opérations et de l'entretien de la base. Les travaux de construction commenceront aussitôt que le gouvernement haïtien aura choisi l'emplacement.

«Comme président du G8 et du G20, nous avons l'intention d'encourager tous nos alliés à faire la même chose», a indiqué M. Harper. Celui-ci a déjà estimé que la communauté internationale allait devoir rester présente en Haïti pendant au moins 10 ans pour obtenir des résultats concluants.

Le premier ministre effectue jusqu'à aujourd'hui une visite officielle en Haïti, la première d'un chef de gouvernement d'un grand pays donateur depuis le tremblement de terre. Il a fait le voyage à bord d'un avion de transport des forces aériennes chargé de 14 000 kilos d'équipement médical, d'articles d'aide humanitaire et de filtres à eau.

Avec la fin de la mission militaire canadienne en Afghanistan, prévue pour l'an prochain, Haïti deviendra la priorité d'Ottawa sur la scène internationale. Le petit pays des Antilles est l'un des rares dans le monde où le Canada jouit d'une réelle influence.

Le Canada est le deuxième pays donateur en réponse au séisme, après les États-Unis. Jusqu'ici, Ottawa a versé 85 millions de dollars aux Nations unies et à des organisations non gouvernementales. À cela s'ajoutent les dons de 144 millions effectués directement par les Canadiens à des organismes, dont une somme de 128 millions que le gouvernement doublera.

M. Harper a passé la nuit sur le navire de la marine canadienne NCSM Athabaskan, qui navigue au large d'Haïti. Aujourd'hui, il se rendra à Jacmel, ville natale de la famille de la gouverneure générale, Michaëlle Jean, dans le sud du pays, et à Léogâne, à l'ouest de la capitale, où les Forces canadiennes sont déployées.

Depuis leur arrivée en Haïti, au lendemain du séisme, les soldats canadiens ont distribué quelque 440 000 litres d'eau et 885 000 rations de nourriture.

En date d'hier, on confirmait la mort de 31 Canadiens en raison du séisme, alors que 55 ressortissants manquaient toujours à l'appel.
5 commentaires
  • Augustin Rehel - Inscrit 16 février 2010 06 h 55

    Heureux qui comme Ulysse...

    Comme il voyage le premier ministre Harpeur! C'est `;a croire qu'il dort sur son avion présidentielle!! Je le vois aux Jeux olympiques... et, le lendemain, il se promène à Haîti, distribuant des sourires... et se prhotographiant avec des soldats... comme s'il était en campagne électorale.

    Il promet et multiplie les promesses... même si le déficit atteindra des sommets abyssaux!


    Ulysse aussi était très heureux quand il partait en voyage!

  • Ronald CAZEAU - Inscrit 16 février 2010 12 h 20

    AIDEZ NOUS A SAUVER CE PAYS (HAITI)

    Canada montre son ambition pour aider haïti à se réconstuire, si queques pays en europe pauvaient faire pareil, laissent leurs hyocrisie derrière eux principalement la france, qui a huiné Haïti avec une dette abusive, ce pays pouvait s'en sortir le plus tôt que prévu.
    Mr CAZEAU Ronald / escale construction

  • epervier - Inscrit 16 février 2010 12 h 41

    PAUVRE MONSIEUR HARPER!

    Notre "adorable" MOnsieur Harper est passé maître dans l'art de se présenter au niveau des médias. Pense-t-il que "son bon peuple" va croire docilement ses intentions. Un but premier, flatter son ego gonglé à l'hélium, un misérabilisme!

  • France Marcotte - Inscrite 16 février 2010 13 h 37

    Le chaud et le froid

    Comment expliquer ces soudains élans de générosité de la part du premier ministre du Canada qui est plutôt reconnu pour ses talents de fin stratège? Chat échaudé... alors on cherche le motif caché. Mais peut-être qu'il n'y en a pas et puisque ce petit pays des Antilles "est l'un des rares dans le monde où le Canada jouit d'une réelle influence", c'est de ce côté-là qu'il faut regarder. Mais les faiseurs d'images ne sont jamais bien loin et après avoir soufflé le froid (comme lors de la prorogation en décembre), il est prévisible qu'on veuille rétablir l'équilibre en soufflant chaud proportionnellement à la gravité de l'offense.

  • pagerry3 - Inscrit 16 février 2010 19 h 46

    Je ne peux me résoudre à applaudir.

    Je ne suis pas certain que les habitats modulaires qui logeront les inflexibilités et le dirigisme dont ont toujours fait montre les gouvernants d'Haïti l'infernale, devaient tenir un tel rang, dans l'ordre des priorités, quand on se souvient des Aristide et des Duvalier Père et Fils qui, du palace maintenant effondré, repoussaient tous les haïtiens dans les ghettos de la de l’archi-pauvreté et dans les bidonvilles du déshonneur, de l'humiliation institutionnalisée, de la victimisation et de l’avilissement érigés en systèmes dont les clichés de l’atrocité sont encore visibles à l’œil nu, sur le visage des haïtiens et projetés sur tous les écrans du monde entier.

    Alors que l'Ottawa de toutes les «générosités pour les autres», de tous les inutiles sommets et de tous les artificieux voyages si scandaleusement coûteux (Vancouver, pour ne prendre que cet exemple) que se tapent nos touristes pachas sans scrupules occupant les palaces de l'ingouvernance, plonge tous les canadiens dans les méandres d'un déficit scabreux qui dépassera largement les 56 Milliards, cette année, c'est plutôt, pour nous tous, la gangréneuse pauvreté dont souffrent quotidiennement et dont crèvent pluriellement les pelotons provinciaux qui sont devenus des armées sans munitions ni défenses ; oui, ce sont les pauvres et les nouvelles grappes d'appauvris victimes d’une récession abrutissante et montée de toutes pièces, laquelle a irrémédiablement creusé, au plus profond, l'abîme qui sépare d'ores et déjà le 20% des riches (tous élus fédéraux, provinciaux, municipaux, scolaires et autres compris) et le 80% des citoyens canadiens qui composent la classe que l’on disait «moyenne» mais qui est devenue la «classe multiple et encombrée de ceux et de celles qui n’ont plus les moyens» ; oui, ce sont les appauvris, les pauvres, les miséreux, les déshérités, les délogés des sauvages saisies bancaires, les mis-à-la-rue des fermetures barbares et des faillites macros-payantes, les entassés colocataires les coquerelles, les itinérants, les accros des piqueries et les suicidaires qui sont à la veille de squatter les aqueducs ; oui, ce sont ces canadiens d’une majorité visible qui prend désespérément de l'ampleur; oui, ce sont toutes ces victimes des tremblements sociaux qui démobilisent et dévastent de plus en plus de nationaux, de régionaux et de locaux canadiens qui devraient être les cibles et les bénéficiaires des générosités d'un Gouvernement qui ne devrait pas impunément chausser son cœur comme il chausse ses pieds. C’est une pauvreté crasse et déshumanisante que celle que se partagent nombre de canadiens dont l’errance sans fin fait la manchette des «chiens écrasés», dans les médias de l'imagerie et dans la presse des maux qui surfent sur tous les 5@7 et «Happy Hours» des bombances et des beuveries où le misérabilisme et le paupérisme font les frais de conversations pointues, cocktails en mains, petits doigts en l’air et un œil cruiser à la traine, mais dont tous les coûts sont portés aux comptes des opulences qui nous sont vachement facturées, sans le moindre scrupule. Une pauvreté dégénérescente qui pousse de plus en plus de canadiens dans les fosses de l'indifférence politique, tous niveaux confondus, dans les marécages du décrochage social, dans les délabrements du décrochage humain, dans l’anéantissement d’une fierté individuelle et collective nécessaires à notre survie nationale et dont le tsunami dévastateur de l’équilibre sociétal et des écrasements qui s’ensuivent, n’apparait même pas aux agendas partisans et électoralistes des élus des Oppositions, si ce n’est qu’à certains moments de coalition négationniste, si ce n’est qu’aux moments d’améliorer substantiellement leurs émoluments, leurs pensions et autres poches de leurs portefeuilles, si ce n'est qu'aux temps des leurres et de la pêche aux votes, si ce n’est qu’aux temps des roses, l’espace du matin des élections.

    Je suis certain que les haïtiens de la bourgeoisie apprécieront et applaudiront le généreux donateur Harper qui n'en tirera qu'une gloire nombriliste et très passagère. Qui donc n’est pas généreux, avec l’argent des autres, avec l’argent des écrasés sous le poids des taxes et du taxage politique centralisateur ? Je n'applaudirai pas ce geste, parce que je suis incapable d'oublier que la pauvreté galopante, au Canada et plus spécifiquement au Québec, est en train de devenir un désastre humain dont les pires dégâts passent inaperçus, aux yeux de l'indifférence globale que nourrissent et se partagent les vautours de la mondialisation centralisatrice et monopolisatrice, cette maffieuse mondialisation dont les Palais, les Maison Blanche, les Parlements, les Châteaux et les Cathédrales tous azimuts sont les niches dorées et dont la garde est si bien montée.

    Non, je ne pourrai jamais applaudir un tel opportunisme politique ni une macabre collection de photos prises sur les ruines sous lesquelles s’écrasent plus de 200,000 morts dont on ne parle déjà plus et que l’on bulldoze sans vergogne. Je me demande si un seul humain qui se réclame sain d’esprit, peut applaudir ce geste tout en regardant autant de photos qui ne pourront qu’épaissir les albums de notre souvenance la plus souffrante des extravagances politiques dont le cumul des insultes et des injures à l'intelligence n'a pas son pareil.