Les CDEC attendent impatiemment leur financement d'Ottawa

Ottawa — L'hésitation du gouvernement fédéral à renouveler le financement des 14 corporations de développement économique communautaire (CDEC) du Québec inquiète le Regroupement des CDEC, qui a reçu hier le soutien du Bloc québécois et du Nouveau Parti démocratique.

L'entente de partenariat entre Développement économique Canada (DEC) et les CDEC prend fin le 31 mars. Depuis cinq ans, elle assurait les CDEC d'un soutien fédéral de 2,9 millions par année, ce qui représente environ 15 % du budget total des corporations. Or, à quelques semaines de l'échéance, le regroupement des CDEC n'a toujours aucune idée des intentions du fédéral.

«On ne sait pas où s'est rendu, explique Denis Leclerc, coordonnateur du regroupement. On essaie de rencontrer le ministre [du Développement économique, Denis Lebel] depuis le mois d'avril, mais on nous dit toujours qu'ils ne sont pas prêts.» Selon M. Leclerc, la situation presse. «Ça commence à être serré si on veut éviter d'avoir un trou, dit-il. Il y a un manque de respect envers les administrateurs.»

Le Regroupement craint que le gouvernement ne change les règles du jeu qui permettaient depuis 1990 au Programme de développement des collectivités (PDC) de financer les CDEC, même si celles-ci travaillent en milieu urbain. «C'est une exception au Canada», explique M. Leclerc. DEC a procédé l'an dernier à une évaluation du PDC, mais les résultats de cette étude demeurent inconnus.

Hier, le NPD et le Bloc québécois ont diffusé à quelques minutes d'intervalle des communiqués de presse demandant à Ottawa de régler ce dossier au plus vite. Selon le chef adjoint du NPD, Thomas Mulcair, les CDEC «sont des acteurs de premier plan dans la diversification de l'économie locale et dans la lutte contre l'exclusion sociale». Il «exige que l'entente qui a été signée le 1er avril 2006 soit à nouveau reconduite».

Au Bloc, le député Bernard Bigras, porte-parole pour la région de Montréal, a souligné que «la viabilité des projets présentement en cours et de ceux qui doivent voir le jour prochainement est menacée si le fédéral coupe sa part de financement». Il a aussi insisté pour que la prochaine entente soit reconduite pour cinq ans.

Au bureau du ministre Denis Lebel, on dit bien connaître les préoccupations des CDEC et qu'on y répondra dans le budget du 4 mars.