Droits et démocratie - Ottawa doit régler la crise, exhortent le Bloc et le NPD

Le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique réclament une intervention rapide du gouvernement pour régler la crise qui secoue l'organisme fédéral Droits et Démocratie. Le Bloc suggère que l'organisme soit mis en tutelle, le temps qu'une enquête fasse la lumière sur les agissements du conseil d'administration.

D'ailleurs, un autre élément est venu alimenter la crise au sein de l'organisme hier. Selon les informations obtenues, le nouveau directeur général de Droits et Démocratie, Charles Auger, entré en poste lundi dernier, aurait démissionné. Embauché par le président par intérim, Jacques Gauthier, pour aider à la restructuration de l'organisme, M. Auger a quitté les bureaux de l'organisme jeudi dans la journée et n'est pas revenu au travail depuis ce temps.

Contacté par Le Devoir, Jacques Gauthier a refusé de commenter cette information. «Je n'ai pas l'intention de discuter des questions concernant le personnel de l'organisme avec la presse», a-t-il dit.

Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, très silencieux sur cette crise depuis un mois, a promis jeudi d'agir dans les prochains jours.

Un conseil de sages

Le Bloc québécois réclame l'utilisation d'un «conseil de sages» pour gérer l'organisme, le temps de faire une enquête complète. «Un comité de trois personnes formé de gens tels que Joe Clark, Barbara McDougall, Benoît Bouchard, Flora MacDonald, Monique Vézina ou encore des anciens présidents de Droits et Démocratie», a soutenu la députée Francine Lalonde.

Le Bloc dénonce l'apparent virage idéologique sans nuance du conseil d'administration en faveur d'Israël ainsi que les pressions qui ont suivi sur les employés de l'organisme, notamment l'ancien président Rémy Beauregard, décédé en janvier à la suite d'une réunion houleuse du conseil d'administration. «Des employés ont également été sujets à de l'intimidation et à du harcèlement. C'est une situation inacceptable», a dénoncé Francine Lalonde.

Les 47 employés de l'organisme ont réclamé par lettre la démission de trois membres du conseil d'administration: le président, Aurel Braun, ainsi que Jacques Gauthier (devenu président intérimaire) et Elliot Tepper. De plus, deux membres dissidents du conseil ont démissionné en janvier pour protester contre le virage idéologique.

De son côté, le NPD souhaite amener ce dossier au comité de la Chambre des communes sur les affaires étrangères dès la reprise des travaux parlementaire, en mars. «On veut une enquête et on veut que le comité parlementaire se penche sur cette crise», a soutenu le chef Jack Layton, lors de son passage à Montréal hier.