Conflit israélo-palestinien - Alternatives se croit victime de ses positions

Ottawa — L'organisme montréalais Alternatives croit qu'Ottawa bloque son financement à cause de ses prises de positions antérieures sur le conflit israélo-palestinien. À l'instar du groupe Droits et Démocratie, Alternatives craint avoir froissé le gouvernement conservateur en formulant des reproches envers Israël.

Alternatives attend depuis près d'un an le renouvellement de son financement fédéral. L'organisme demandait 2,1 millions de dollars sur trois ans, soit 75 % de son budget total. Mais voilà: le 5 décembre, une rumeur dans le National Post laisse croire qu'Ottawa renonce à verser la subvention. Depuis, la direction d'Alternatives tente en vain de contacter l'ACDI ou sa ministre, Bev Oda.

«Il y a eu toutes sortes d'allégations, explique le directeur général, Michel Lambert. Mais nous croyons maintenant que tout cela s'inscrit dans la veine de Droits et Démocratie, à savoir que c'est la filière Israël-Palestine qui nous pénalise.»

M. Lambert reconnaît que son groupe a dans le passé, par le truchement de son journal encarté dans Le Devoir, blâmé Israël pour ne pas respecter les résolutions de l'ONU ou ne pas retirer son armée des territoires occupés. Alternatives a aussi suggéré la création d'un seul État où Palestiniens et Juifs vivraient ensemble et où ces derniers ne seraient plus majoritaires.

«On est totalement punis, croit M. Lambert. C'est un problème de liberté d'expression si les organisations, qui sont composées de gens, n'ont pas le droit d'avoir des opinions autres que celles du gouvernement sans subir des compressions pareilles.» L'ironie, c'est qu'aucun projet d'Alternatives financé par Ottawa n'a lieu au Moyen-Orient. L'organisme est plutôt actif en Afghanistan, au Congo, en Haïti, en Irak et au Honduras.