Protection des mères et des enfants - Les groupes pro-vie félicitent Ottawa

Manifestation pro-vie
Photo: Agence Reuters Manifestation pro-vie

Ottawa — Le mouvement pro-vie est reconnaissant au gouvernement de Stephen Harper et invite ses membres à financer le Parti conservateur. La raison de sa joie? La décision d'Ottawa de privilégier à l'étranger la santé des femmes enceintes et des enfants. Les opposants à l'avortement déduisent du silence des ministres fédéraux qu'ils ne permettront pas que l'argent public serve à financer les organismes faisant la promotion de la contraception et de l'accès aux interruptions volontaires de grossesse.

Un courriel de félicitations provenant de «familyCanada» a été distribué à travers le pays. «Hier soir, le gouvernement du Canada s'est engagé à exclure l'avortement de son plan d'aide à l'étranger pour les femmes et les enfants, est-il écrit dans ce message daté du 9 février. Nous aimerions féliciter le premier ministre pour sa décision audacieuse. Les chrétiens d'à travers le Canada s'en souviendront lorsqu'ils iront voter à la prochaine élection.»

Le courriel est accompagné d'un lien vers le site YouTube, où on peut visionner un extrait d'entrevue de la députée conservatrice Shelly Glover affirmant que «cette initiative n'a rien à voir avec l'avortement». Le groupe a superposé à l'image un phylactère blanc dans lequel il est écrit: «Donate at www.conservative.ca.»

La semaine dernière, le chef libéral, Michael Ignatieff, a lancé un pavé dans la mare en mettant au défi le gouvernement conservateur de s'engager à aussi financer l'avortement et la contraception dans le cadre de son initiative d'aide à la santé maternelle et infantile. Il estime que les femmes doivent avoir accès à toute la palette de soins pour contrôler leur fertilité. Il a été vertement critiqué par le groupe pro-vie Campaign Life Coalition, qui lui reproche d'avoir un «programme caché» pro-avortement.

Jusqu'à présent, le gouvernement n'a pas voulu se lancer dans ce débat. Encore hier, le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, s'est fait demander par les journalistes si l'aide canadienne serait réservée aux groupes n'offrant pas de services d'avortement ou de contraception. Il a répondu que «l'enjeu n'est pas un enjeu qui touche les dossiers que les libéraux ont mis en avant».

Alors, les groupes seront-ils pénalisés s'ils offrent ce genre de service? Oui et non. Au bureau de la ministre responsable de l'Agence canadienne de développement internationale (ACDI), Bev Oda, on explique que l'argent servira uniquement à financer des projets offrant, par exemple, des suppléments alimentaires, des médicaments ou de l'eau potable aux femmes enceintes ou qui allaitent. Pas question de financer de nouveaux projets offrant des contraceptifs, par exemple. Toutefois, les initiatives dans ce domaine qui sont déjà financées par Ottawa ne verront pas leur financement réduit. «On ne va pas abolir des programmes», explique-t-on dans l'entourage de la ministre. Le montant qu'Ottawa allouera à sa nouvelle priorité sera annoncé lors du sommet du G8, cet été à Huntsville.

Cette question a été soulevée en partie à cause de l'expérience américaine. Sous les régimes républicains de Ronald Reagan, de George Bush père, puis de Bush fils, l'aide internationale a été interdite aux groupes faisant la promotion de l'avortement. Bill Clinton puis Barack Obama ont chacun leur tour annulé ces politiques en arrivant au pouvoir.