Un coup de main à Ignatieff

Ottawa — Qui ne risque rien n'a rien. Michael Ignatieff a fait sienne hier l'expression consacrée, pour demander aux députés de l'Assemblée législative de la Colombie-Britannique de lui rendre un petit service: interroger Stephen Harper.

Le premier ministre canadien doit s'adresser aujourd'hui aux élus de la Colombie-Britannique, à la veille de l'ouverture des Jeux olympiques. L'événement est rare: Brian Mulroney a été le dernier premier ministre fédéral à s'adresser à un parlement provincial, en 1990.

Or Michael Ignatieff trouve «curieux» que M. Harper s'exprime devant des élus alors qu'il a prorogé la session à Ottawa. Et il aimerait que les députés présents saisissent l'occasion pour tenter d'obtenir des réponses aux questions que se pose l'opposition.

Selon le chef libéral, M. Harper a «beau avoir donné plusieurs excuses pour essayer de justifier [la prorogation], nous, l'Opposition, pensons quand même qu'il a fermé le Parlement pour éviter de répondre à des questions gênantes concernant le bilan de son gouvernement».

Le chef libéral propose donc aux députés d'interroger le premier ministre sur la justification de la prorogation, le respect des institutions démocratiques ou la décision de suivre à la ligne les intentions américaines en matière d'environnement. «Je suis conscient du fait qu'il s'agit là d'une demande difficile, écrit M. Ignatieff dans une lettre ouverte envoyée hier. Mais, étant donné l'exclusivité de l'occasion, vous conviendrez, j'en suis certain, que cela vaut la peine d'essayer.»

L'Assemblée législative britanno-colombienne est actuellement composée de 46 libéraux et 33 néo-démocrates.