Droits et Démocratie - Les employés sont en conflit ouvert avec le président par intérim choisi

Le conseil d'administration de Droits et Démocratie a visiblement choisi de jouer la ligne dure contre les employés de l'organisme fédéral. Vendredi soir dernier, les membres restants au conseil d'administration (il y a 4 postes vacants sur 13) ont décidé de nommer l'avocat torontois Jacques Gauthier comme président par intérim de l'organisme, a appris Le Devoir.

Cette nomination a provoqué une onde de choc hier à l'intérieur de l'organisme basé à Montréal, puisque Jacques Gauthier faisait partie des trois membres du conseil d'administration dont les 47 employés de Droits et Démocratie ont réclamé la démission il y a deux semaines à peine.

Malgré cette grogne interne, M. Gauthier devient quand même président par intérim pour les trois prochains mois, ou jusqu'à ce que le gouvernement nomme un nouveau président.

L'ancien président, Rémy Beauregard, est décédé d'une crise cardiaque le 7 janvier dernier, au moment où des réunions houleuses du conseil d'administration se tenaient à Toronto. Son décès et une série de démissions au conseil d'administration ont entraîné une crise sans précédent au sein de l'organisme fédéral indépendant, créé par le Parlement en 1988.

Le 12 janvier dernier, les employés de Droits et Démocratie ont signé une lettre pour demander la démission de trois membres du conseil d'administration: le président, Aurel Braun, le vice-président, Jacques Gauthier, ainsi qu'Elliott Tepper. Dans cette lettre, le personnel exprime sa perte de confiance, qui est liée aux agissements des administrateurs. Les trois sont toujours en poste.

On leur reproche notamment un harcèlement psychologique contre certains employés et d'avoir exercé une pression injustifiée sur Rémy Beauregard, l'ancien président. Les trois administrateurs ont notamment lancé une évaluation secrète de la performance de M. Beauregard le printemps dernier.

Le 8 janvier dernier, deux membres du conseil d'administration ont démissionné pour protester contre un virage idéologique que certains membres du conseil tenteraient d'imposer à l'organisme. Sept des treize membres du conseil d'administration, près des volontés du gouvernement Harper, souhaitent que Droits et Démocratie ne mène plus certains programmes au Proche-Orient et qu'il cesse d'entretenir des liens avec des groupes qui critiquent Israël. On voudrait aussi que l'organisme cesse de collaborer avec le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, lequel n'a pas la faveur du gouvernement Harper.

Le gouvernement fédéral n'a pas d'autorité directe sur Droits et Démocratie, puisque c'est le conseil d'administration qui décide des orientations. Par contre, le gouvernement nomme dix des treize membres du conseil d'administration. Le gouvernement Harper, malgré nos demandes répétées, ne s'est pas encore prononcé sur les événements des dernières semaines.