Crise existentielle - Les administrateurs de Droits et Démocratie défendent leurs choix

Pendant que le gouvernement Harper garde le silence concernant la crise qui secoue l'organisme fédéral Droits et Démocratie, la majorité au conseil d'administration prend la parole pour la première fois. Dans une lettre envoyée au Devoir, les sept membres disent souhaiter apporter un «nouvel éclairage» à la situation chaotique dans laquelle est plongé l'organisme indépendant depuis deux semaines.

Selon eux, «l'enjeu central est le rôle fiduciaire du conseil d'administration de Droits et Démocratie afin d'assurer une obligation de rendre des comptes concernant la manière dont sont dépensés les fonds des contribuables au Canada et à l'étranger», écrivent-ils, ajoutant que ce n'est pas la première controverse au sein de l'organisme.

Le 8 janvier dernier, deux membres du conseil d'administration ont démissionné pour protester contre un virage idéologique que certains membres du conseil tenteraient d'imposer à l'organisme. Sept des treize membres du conseil d'administration, près des volontés du gouvernement Harper, souhaitent que Droits et Démocratie ne mène plus certains programmes au Proche-Orient. On souhaite également que l'organisme cesse d'entretenir des liens avec des groupes qui critiquent Israël. On voudrait aussi que l'organisme cesse de collaborer avec le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, basé à Genève, lequel n'a pas la faveur du gouvernement Harper.

Le gouvernement fédéral n'a pas d'autorité directe sur Droits et Démocratie, créé par une loi du Parlement en 1988. C'est le conseil d'administration qui décide des orientations. Par contre, le gouvernement nomme dix des treize membres du conseil d'administration. Tous ont été nommés par les conservateurs au cours des dernières années.

Dans la lettre, la majorité au conseil d'administration justifie la fin des activités au Proche-Orient. «Les décisions en matière de dépenses doivent être entièrement justifiées et sembler équitables et raisonnables aux yeux du public canadien», affirment les sept membres, dont plusieurs ont des liens — ou ont eu des liens — avec l'organisme activiste juif B'nai Brith.


Crise de confiance

Les 47 employés de Droits et Démocratie ont signé une lettre pour demander la démission de trois membres du conseil d'administration, dont le président, Aurel Braun. Dans cette lettre, que nous avons publiée le 13 janvier dernier, le personnel de l'organisme exprime sa perte de confiance, qui est liée aux agissements des administrateurs et non pas au virage idéologique.

On leur reproche notamment un harcèlement psychologique contre certains employés et d'avoir exercé une pression injustifiée sur Rémy Beauregard, le président, décédé d'une crise cardiaque le 8 janvier.

Dans leur réplique, les mem-bres du conseil disent douter de la représentativité de cette vague de contestation. Le gouvernement Harper, malgré nos demandes répétées, ne s'est pas encore prononcé sur cette crise.
1 commentaire
  • Konstantin Kozlov - Inscrit 22 janvier 2010 15 h 53

    47 administrateurs doivent démissionner

    Si quelque chose ne plait pas à ces 47 membres donc ils peuvent eux même démissionner. Aucun problème.