Le retrait d'Afghanistan, un casse-tête logistique pour l'armée

Ottawa — Le retrait des soldats canadiens d'Afghanistan en 2011 sera le plus important casse-tête logistique depuis la guerre de Corée, il y a 50 ans, a soutenu hier matin le chef d'état-major des Forces canadiennes, Walter Natynczyk, de passage devant le Comité parlementaire de la défense, à Ottawa.

Le général Natynczyk a affirmé que le gouvernement fédéral n'a toujours pas décidé quelle forme prendra la mission en Afghanistan après le retrait des troupes, en juillet 2011, ce qui pourrait amener quelques ajustements du côté militaire. Le grand patron de l'armée a également déclaré que pour l'instant, puisqu'il n'a aucune indication du gouvernement, il planifie comme s'il devait retirer tous les soldats, sans exception, de Kandahar.

«Les opérations militaires doivent cesser en juillet 2011, tel que le stipule la motion adoptée par la Chambre des communes. Pour nous, quand on parle de "militaires", ça veut dire tous les militaires, ce qui inclut les soldats au sein de l'Équipe de reconstruction provinciale, les soldats qui protègent nos civils et ceux qui entraînent les forces afghanes. On prévoit ramener tous les soldats au pays», a dit le général Natynczyk.

Par contre, dans son discours d'ouverture, le chef d'état-major a clairement laissé entendre que tout n'est pas encore coulé dans le béton. «J'estime que notre mission prendra fin en juillet 2011. Les Forces canadiennes continueront toutefois de contribuer à la mission pangouvernementale qui repose sur la stabilité de la sécurité. Nous continuerons de soutenir le renforcement des capacités des forces de sécurité nationales afghanes», a dit M. Natynczyk.

Depuis 50 ans, un retrait aussi vaste et rapide d'un théâtre d'opérations n'a jamais eu lieu du côté canadien, a dit Walter Natynczyk. Le retrait complet prendra d'ailleurs six mois, entre juillet et décembre 2011. Une équipe est déjà à pied d'oeuvre, au Canada et à Kandahar, pour planifier le rapatriement des 2800 soldats et de leur matériel.

«Cela exige une logistique colossale, a dit le général Natynczyk. Nous disposons d'une variété incroyable d'équipements en Afghanistan, soit des munitions, des pièces de rechange, des cantines, des installations médicales, des armes, des ordinateurs, du matériel de communication, des installations postales et ainsi de suite.» Et plus de 1200 véhicules de transport et de combat.

Le transport va nécessiter plusieurs milliers de conteneurs maritimes. Les Forces devront aussi déterminer ce qui peut rester sur place au bénéfice des autres pays alliés ou de l'Armée nationale afghane. Par exemple, les ordinateurs auront été plus de cinq ans dans la poussière de Kandahar. «Est-ce bien utile de les ramener au Canada?», a suggéré le général.
1 commentaire
  • Roland Berger - Inscrit 9 décembre 2009 10 h 04

    Comme une rupture amoureuse

    Partir sans partir, tel est le dilemme. Si Harper s'était creusé les méninges avant de perpétuer la présence des forces canadiennes en Afghanistan, le Canada n'en serait pas là. Mais Harper croit avoir une mission. Il doit sauver le monde chrétien de l'invasion musulmane.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario