Les Afghans ont refusé des prisonniers de de l'armée canadienne, reconnaît Ottawa

Photo: Agence France-Presse (photo)

Ottawa — Le gouvernement conservateur a reconnu hier que les autorités afghanes ont refusé à plusieurs reprises de mettre en détention des prisonniers capturés par les forces canadiennes. La Presse canadienne a révélé jeudi soir que les services de renseignement afghans ont refusé l'été dernier de mettre en détention des prisonniers capturés par l'armée canadienne, parce que celle-ci ne fournissait pas de «preuves suffisantes» pour justifier leur arrestation. Les détenus ont alors été relâchés.

Cela tend à confirmer une portion du témoignage du diplomate Richard Colvin, qui a affirmé que la plupart des détenus transférés étaient bien souvent d'innocents paysans et agriculteurs. Le général Rick Hillier a plus tard démenti formellement cette allégation, qualifiée de «ridicule».

La teneur du mémo obtenu par La Presse canadienne a néanmoins été confirmée hier par Laurie Hawn, secrétaire parlementaire du ministre de la Défense. «Il y a eu des fois où les Afghans ont cessé d'accepter les transferts pour des raisons comme des congés religieux, un manque d'information ou des informations confuses sur les informations personnelles des détenus. Mais nous avons collaboré de près avec les autorités afghanes.»

Le 23 novembre, Peter MacKay, ministre de la Défense, a reconnu que le transfert des détenus avait été suspendu à quatre reprises entre novembre 2007 et aujourd'hui. Des raisons de sécurité ou un manque de collaboration des autorités afghanes expliquent ces arrêts. Mais jamais M. MacKay n'a-t-il mentionné que les Afghans avaient eux aussi suspendu les transferts, en sens inverse.

Le mémo faisant état de cette situation est daté du 19 septembre. Il mentionne que l'événement a provoqué une réunion d'urgence entre l'ambassadeur canadien et le président de la Direction nationale de la sécurité (DNS) de l'Afghanistan, le 6 septembre.

Hier, l'opposition a profité de ces nouveaux éléments pour réclamer une fois de plus la mise sur pied d'une commission d'enquête publique.