Élections fédérales partielles - Une lutte intéressante s'annonce dans le Bas-du-Fleuve

Le premier ministre Stephen Harper a annoncé dimanche la tenue de quatre élections partielles le 9 novembre, dont deux au Québec. La course la plus intéressante du prochain mois sera d'ailleurs dans le Bas-du-Fleuve, dans Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup, où le Bloc québécois et le Parti conservateur vont s'affronter.

Cette circonscription est vacante depuis le départ du bloquiste Paul Crête, qui représentait les citoyens depuis 1993. Le Bloc québécois demeure le favori de la course, puisque les sondages montrent que le parti domine les intentions de vote chez les francophones dans la province, un avantage certain dans une circonscription presque exclusivement francophone. De plus, lors de l'élection générale d'octobre 2008, la majorité du Bloc était de 6500 voix.

« Je ne prends rien pour acquis, mais je suis optimiste [et je pense] que les gens vont choisir le Bloc pour une septième élection consécutive », explique Nancy Gagnon, la candidate du Bloc. Née près de Rivière-du-Loup, elle a travaillé au centre local de développement (CLD) avant de se joindre à l'équipe de Paul Crête. « Je connais bien la région et ses besoins », dit-elle.

Le Parti conservateur (PC) a toutefois déniché un candidat connu pour porter ses couleurs. Il s'agit de Bernard Généreux, 47 ans, le maire sortant de La Pocatière. Il se présente comme un homme « d'action » qui veut amener Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup au pouvoir. « Je veux être actif, parler d'économie et, pour ça, ça fait une différence d'être dans le gouvernement, dit-il en entrevue. On n'a rien eu avec le Bloc. Il est temps que ça change. »

M. Généreux est particulièrement fier d'avoir investi 18 millions de dollars dans sa ville depuis 2005. Il veut amener ce dynamisme ailleurs dans la région. « Paul Crête était bien implanté dans la région. Mais là, on est tous à égalité sur la ligne de départ. Et je pense que ma notoriété me donne un avantage. Ça regarde bien », dit-il. Bernard Généreux est membre du Parti libéral du Québec. Il n'a jamais été membre du Parti conservateur avant de faire le saut en politique fédérale.

Nancy Gagnon ne nie pas que la candidature de M. Généreux va resserrer la course. « Mais on ne fait pas le bilan du maire, on fait le bilan du gouvernement Harper. Et ça, ce n'est pas très reluisant. Le gouvernement n'a rien fait pour aider l'industrie forestière et les travailleurs saisonniers, très importants dans la région », dit-elle.

Le Parti libéral du Canada (PLC) n'a pas encore désigné son candidat. De son côté, le NPD présentera François Lapointe, qui sera confirmé aujourd'hui lors de l'investiture. Il est cofondateur de Terraterre solutions écologiques, un organisme sans but lucratif qui travaille dans le développement durable.

Hochelaga

À Montréal, dans Hochelaga, la lutte risque d'être moins enlevante, puisque cette circonscription est un bastion bloquiste. L'ancien député, Réal Ménard, qui a fait le saut en politique municipale dans l'Équipe Harel, l'a emporté avec plus de 13 000 voix d'avance en octobre 2008, loin devant le PLC, qui a fini deuxième. Daniel Paillé, qui a été ministre dans le gouvernement Parizeau et professeur d'économie à HEC Montréal, se présente à l'investiture pour le Bloc. Le parti de Gilles Duceppe en fera, s'il est élu, son porte-parole en économie. Il devra toutefois remporter son investiture, le 8 octobre, contre Jean Baribeau, un militant de la circonscription.

Le candidat du Bloc fera face à Stéphane Cloutier pour le Parti conservateur et au syndicaliste Jean-Claude Rocheleau pour le NPD. Le PLC n'a pas encore désigné son candidat.

Nouvelle-Écosse et Colombie-Britannique

Le départ de l'indépendant Bill Casey en Nouvelle-Écosse force également la tenue d'un scrutin. Il l'avait emporté avec l'écrasante majorité de 24 000 voix en 2008 dans la circonscription de Cumberland-Colchester-Musquodoboit Valley. Avant d'être indépendant, il était un élu du Parti conservateur, ce qui devrait avantager Stephen Harper dans cette course.

En Colombie-Britannique, le départ de la députée Dawn Black, du NPD, laisse présager une victoire du Parti conservateur, qui avait fini à peine 1400 voix derrière le NPD en 2008. La lutte sera donc entre le NPD et le PC. Les libéraux étaient loin derrière en 2008.