Les élections pourraient être déclenchées dès vendredi

Ottawa — Un vote d'une importance capitale, qui pourrait signifier la fin du règne du gouvernement minoritaire conservateur, pourrait avoir lieu vendredi prochain au Parlement, selon ce que des sources ont confié à la Presse canadienne hier.

Une motion de voies et moyens est habituellement une procédure de routine qui précède un vote imminent sur une loi budgétaire. Mais dans ce cas particulier, cette procédure pourrait mener au déclenchement d'élections générales.

De hauts dirigeants du Parti conservateur s'attendent à ce que la motion soit soumise le 18 septembre, et les règles du Parlement stipulent qu'un vote doit avoir lieu immédiatement. Le premier ministre Stephen Harper sera alors de retour d'un voyage aux États-Unis et serait prêt à se rendre au bureau de la gouverneure générale pour dissoudre le Parlement et déclencher la campagne électorale.

Toutes les formations politiques ont commencé à se préparer pour des élections qui semblent de plus en plus inévitables.

Les libéraux ont déjà indiqué qu'ils ne pouvaient plus appuyer le gouvernement, et le Bloc québécois semble également destiné à voter contre les conservateurs. Le sort de la

40e session parlementaire reposerait donc sur les épaules du Nouveau Parti démocratique. Mais des membres de ce parti ont paru de plus en plus sceptiques quant aux chances d'en arriver à un compromis.

«J'ai vraiment l'impression que les citoyens à travers le pays se demandent si ces gens sont capables de se parler et d'arriver à des résultats sur des sujets d'importance», a déclaré le chef du NPD, Jack Layton, en entrevue.

«Je rappelle au premier ministre qu'il est de son devoir, dans un gouvernement minoritaire, de travailler avec les autres partis», a ajouté M. Layton.

La prochaine semaine se dessine comme une avant-première d'une campagne électorale.

M. Layton lancera le bal, lundi, en prononçant un discours public devant les membres de son caucus sur la colline parlementaire, dans lequel il dira pourquoi il estime que son parti est le seul à se soucier véritablement des besoins des Canadiens.

Le même jour, le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, se présentera devant le Canadian Club pour expliquer pourquoi il croit que sa formation est la mieux placée pour gérer l'économie du pays. Une source du PLC a confié que l'allocution donnera des détails sur les actions envisagées pour éliminer le déficit, entre autres.

De leur côté, les conservateurs continueront de véhiculer l'image d'un parti désireux de gérer les affaires gouvernementales et comptent présenter de nouvelles mesures relatives à l'assurance-emploi. L'une d'elles, a appris la Presse canadienne, aurait pour but de modifier les règles relatives aux indemnités de départ afin d'aider les travailleurs de longue date qui ont été congédiés à se trouver rapidement un nouvel emploi.

Les conservateurs seraient également prêts à étendre l'admissibilité aux prestations aux travailleurs qui ont contribué depuis de nombreuses années au régime.

Bien qu'un tel projet de loi ne pourrait mener à une motion de censure, il s'agirait d'un outil de grande importance pour les conservateurs. Un vote contre des mesures visant à améliorer la situation des gens sans emploi pourrait placer les partis d'opposition dans une position difficile.

«Ce sera le cirque de l'autre côté [de la Chambre des communes], a prédit un haut responsable du Parti conservateur. [M. Ignatieff] semble incapable de prendre position.»

À voir en vidéo