Gare de triage d'Outremont - Ottawa confirme son soutien au projet de l'UdeM

Considérée comme une «cicatrice urbaine au coeur de Montréal», la gare de triage d'Outremont devrait accueillir en 2014 les nouveaux pavillons des sciences de l'Université de Montréal. Question de préparer le terrain, l'université donnera le coup d'envoi aux travaux d'infrastructures cet automne.

Le projet de campus des sciences de l'Université de Montréal (UdeM) dans l'ancienne gare de triage d'Outremont a franchi une nouvelle étape hier avec la confirmation, par le gouvernement fédéral, d'un financement de

30 millions de dollars pour les travaux d'infrastructures.

Il en coûtera 120 millions de dollars pour réaliser les travaux d'infrastructures nécessaires à la construction du nouveau campus. Il y a trois ans, la Ville de Montréal avait annoncé qu'elle investirait 60 millions dans ce projet et Québec avait promis

30 millions. Il ne manquait qu'une réponse d'Ottawa.

Cette réponse est arrivée hier avec l'annonce par le ministre fédéral des Travaux publics, Christian Paradis, d'un «engagement ferme» de son gouvernement pour un financement de

30 millions. Lors d'une conférence de presse en compagnie du recteur de l'université, Luc Vinet, du maire de Montréal, Gérald Tremblay, et de deux ministres québécois, soit Laurent Lessard, ministre des Affaires municipales, et Raymond Bachand, ministre des Finances, M. Paradis a assuré que cette annonce n'avait rien à voir avec le déclenchement possible d'élections cet automne.

Pour Luc Vinet, cette annonce marque le lancement officiel du projet. Trop à l'étroit sur son campus de la montagne, l'université souhaite déployer un nouveau campus sur le site de la gare de triage de 180 000 mètres carrés qu'elle a acquis en 2006 au coût de 8 millions. Ex-député libéral d'Outremont, le maire Tremblay a affirmé qu'il attendait ce projet depuis 20 ans. «Quand je me suis levé ce matin, j'ai dit: "C'est vrai!"», a-t-il indiqué hier.

Les travaux d'infrastructures, qui débuteront à l'automne, prévoient le démantèlement des voies ferrées, la décontamination des sols, le pavage des rues, ainsi que la construction d'un nouveau corridor ferroviaire et de conduites d'aqueduc.

Par la suite, le développement du site se fera au fur et à mesure des besoins de l'université. Les premiers pavillons universitaires accueilleront les départements de chimie, de physique, de biologie et de géographie. L'ensemble du projet, dont les coûts pourraient atteindre un milliard de dollars, comportera aussi des résidences étudiantes et un complexe immobilier de 1200 logements. Pour obtenir le financement du gouvernement du Québec, l'université devra d'abord lui soumettre les plans techniques de ses nouveaux pavillons. L'an dernier, l'UdeM a mis sur pied la Société de développement immobilier de l'Université de Montréal (SODIUM) qui sera responsable de la gestion des travaux.

Sylvie Guilbault, des Amis de la montagne, voit d'un bon oeil la réalisation du projet, qui permettra de limiter la construction de nouveaux pavillons sur le mont Royal. Mais le Syndicat général des professeurs de l'UdeM est beaucoup moins enthousiaste. Samir Saul, premier vice-président du syndicat, est d'avis que l'institution devrait prioriser l'embauche de nouveaux professeurs et la modernisation de ses installations actuelles. «L'UdeM a un déficit de fonctionnement de

15 millions et un déficit accumulé de 150 millions. Elle est sous-financée par l'État. On végète sur le plan de la mission de l'université en matière d'enseignement et de recherche, mais pour l'immobilier, on a de l'argent», déplore-t-il.

Bien que favorable au projet, la mairesse de l'arrondissement de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, Anie Samson, soutient que dans sa forme actuelle, la construction du nouveau campus enclavera davantage le secteur de Parc-Extension. Et elle demeure sceptique. «Il n'y a pas beaucoup de grands projets qui lèvent à Montréal ces temps-ci», signale-t-elle.