Isotopes - Ottawa pourrait dédommager les provinces

Ottawa — Le gouvernement fédéral ne ferme pas la porte à l'idée de dédommager les provinces pour la pénurie d'isotopes médicaux, qui entraîne des coûts supplémentaires importants pour les hôpitaux de partout au pays.

La ministre de la Santé, Leona Aglukkaq, a indiqué hier qu'elle n'avait pas encore reçu de demandes «officielles» de remboursement. Elle a toutefois ajouté qu'il s'agissait d'un dossier que son équipe suivait de près.

«Je n'ai pas eu de discussion avec les provinces à ce sujet jusqu'à maintenant. C'est une question qui a été évoquée. Nous surveillons ça de très près avec les provinces et territoires», a-t-elle confié.

À l'instar de l'Ontario, le Québec a récemment confirmé qu'il avait l'intention de demander à Ottawa de lui faire un chèque pour couvrir le coût d'acquisition d'isotopes, ainsi que les heures supplémentaires du personnel du réseau de la santé.

D'après le ministre québécois Yves Bolduc, la note pourrait atteindre 10 millions pour la province si la crise devait se poursuivre pendant un an.

Ce montant correspond à l'évaluation faite par l'Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux.

M. Bolduc a précisé en début de semaine à La Presse canadienne qu'il s'attendait à ce que toutes les provinces tentent de refiler la note des isotopes à Ottawa. À son avis, il faut cependant laisser évoluer la situation avant de faire une requête chiffrée.

Le Bloc québécois ne partage pas cette opinion et estime que Mme Aglukkaq pourrait agir dès maintenant. «La ministre sait depuis longtemps qu'il y a eu laxisme de la part du gouvernement fédéral dans toute la question relative aux isotopes, donc je pense qu'elle aurait dû prendre le leadership là-dedans et s'assurer que les provinces aient les moyens de faire face à la crise», a insisté le bloquiste Luc Malo.

Selon lui, la ministre aurait pu se tourner vers le Conseil du Trésor pour demander de l'aide financière au nom des gouvernements provinciaux, qui sont responsables de l'administration du système de santé. «Quand on crée une crise, il faut l'assumer jusqu'au bout», a martelé le député de Verchères-Les Patriotes.

La pénurie d'isotopes médicaux dure depuis la fermeture de la centrale nucléaire de Chalk River à cause d'une fuite d'eau lourde constatée le printemps dernier. Ce réacteur, situé près d'Ottawa, répondait au tiers de la demande planétaire.