Réseau routier - Des kilomètres d'autoroutes

Plusieurs projets de construction autoroutiers ont cours présentement au Québec, parmi lesquels on compte le parachèvement d'autoroutes, le remplacement de certaines infrastructures et la construction de nouvelles autoroutes. Survol.

Le projet de l'autoroute 25 est en fait le prolongement jusqu'à Laval de l'autoroute 25 existante. Le tracé de 7,2 kilomètres part là où s'arrête l'autoroute existante, soit au nord du boulevard Henri-Bourassa, enjambe la rivière des Prairies grâce à un nouveau pont et rejoint à Laval l'autoroute 440. Le projet est réalisé en mode PPP et le consortium retenu par le ministère du Transport se nomme Concession A25 S.E.C. et comprend les entreprises suivantes: Groupe Macquarie, Kiewit-Parsons, Genivar, Ciment Saint-Laurent, Miller Paving et Transcore.

Il s'agit d'une autoroute à deux voies de chaque côté, mais le pont, par contre, comprend trois voies de chaque côté. De plus, une piste multifonctionnelle à l'usage des piétons et des cyclistes est prévue sur le pont. Le pont de 1,2 kilomètre est cons-truit selon deux modes de construction distincts. La première partie, du côté de Montréal, est réalisée selon un mode plus traditionnel et repose sur des piliers. La seconde partie, qui rejoint la rive de Laval, est par contre haubanée. Quatre piliers de 70 mètres de haut retiendront les câbles qui soutiendront la partie haubanée. «Ce choix d'un pont haubané, explique Daniel Toutant, président et directeur général de Concession A25, a été fait pour protéger une fosse à esturgeons qui se situe à cet endroit de la rivière.»

La mise en service est prévue en octobre 2011 et les travaux vont bon train. La construction des deux piliers du côté de Laval pour la partie haubanée est presque terminée. «La plupart des sept autres structures à construire du côté de Laval sont terminées ou en voie de l'être. Les travaux pour les trois structures à Montréal sont entamés. Il se peut même qu'on soit en avance de l'échéancier.»

Puisqu'il s'agit d'un projet en mode PPP, les usagers devront acquitter des frais de péage. Un système de péage électronique, qui permettra une circulation normale et continue, sera installé du côté de Laval. Le ministère du Transport estime qu'environ 40 000 usagers emprunteront ce nouveau tronçon chaque jour.

Autoroute 30

Promis depuis longtemps, le parachèvement de l'autoroute 30, d'une longueur de 54 kilomètres, est maintenant amorcé et servira, entre autres, de voie de contournement de Montréal. Ici aussi, il s'agit d'un projet réalisé en mode PPP. Le consortium retenu se nomme Nouvelle Autoroute 30 S.E.N.C et est formé de deux entreprises internationales: Acciona et Iridium.

Le tracé est divisé en deux parties. La partie ouest part de l'échangeur Vaudreuil-Dorion, où elle fait notamment le lien avec l'autoroute 20, et se dirige vers le sud, enjambe le fleuve Saint-Laurent grâce à un nouveau pont de 1860 mètres, tourne vers l'est à Salaberry-de-Valleyfield et enjambe le canal de Beauharnois grâce à un second pont de 2250 mètres, pour enfin rejoindre la Rive-Sud et poursuivre son chemin jusqu'à Châteauguay, où elle rejoint l'actuelle autoroute 30. La partie est débute là où s'arrête l'actuelle 30, soit à Saint-Constant, et se rend jusqu'à Candiac. Les deux parties comportent deux voies de chaque côté.

Le consortium est responsable de la construction de la partie ouest, tandis que la partie est sera réalisée en mode traditionnel par le ministère du Transport. Toutefois, la gestion et l'entretien du tracé complet seront sous la responsabilité du consortium. Un péage est prévu et sera installé sur la portion ouest de l'autoroute près de l'un des ponts.

«Présentement, les travaux préparatoires ont été exécutés, explique Denis Léonard, directeur général de Nouvelle Autoroute 30, mais des travaux plus importants sur nos cinq chantiers débuteront d'ici la fin du printemps. Comme il s'agit d'un projet réalisé rapidement, les travaux débuteront en même temps sur les divers chantiers.»

Autoroute 35

L'autoroute 35, nommée autoroute de la Vallée-des-Forts, partira de Saint-Jean-sur-Richelieu et se dirigera vers le sud en traversant cinq municipalités, pour aller ensuite rejoindre à la frontière américaine l'autoroute Interstate 89. On prévoit aussi la construction de cinq échangeurs qui feront le lien avec les routes locales.

Il s'agit d'un nouveau tracé qui permettra un lien autoroutier à deux voies de chaque côté entre Saint-Jean-sur-Richelieu et la Nouvelle-Angleterre. Présentement, les usagers qui veulent faire ce trajet empruntent principalement la route 133. Ainsi, avec la nouvelle autoroute 35, un lien autoroutier continu permettra de voyager de Montréal à Boston.

Le tronçon d'autoroute de 39,2 kilomètres est divisé en quatre segments. Le premier segment, entre Saint-Alexandre et Saint-Sébastien, devrait être prêt à l'automne 2012, et l'ensemble de l'ouvrage, en 2014. «Présentement, nous effectuons surtout des travaux préparatoires comme le déboisement, le terrassement et le drainage», précise Mario Saint-Pierre, porte-parole du ministère du Transport. L'autoroute 35 sera réalisée en mode traditionnel par le ministère du Transport.

L'axe routier autoroute 73-autoroute 175

La route 175 est la route qui relie la ville de Québec et le Saguenay en passant par la réserve faunique des Laurentides. Depuis 2006, plusieurs travaux ont permis de transformer ou de remplacer, sur de nombreux segments, cette route à deux voies en autoroute à deux voies de chaque côté. La fin des travaux est prévue en 2010.

Dans sa portion sud, l'autoroute 175 rejoindra l'actuelle autoroute 73 (l'autoroute Robert-Cliche), qui part au nord de la ville de Québec, traverse le fleuve Saint-Laurent et relie Lévis à Beauceville. Le projet consiste maintenant à relier, par autoroute à deux voies de chaque côté, Beauceville à Saint-Georges grâce au parachèvement des deux tronçons manquants. «Nous venons tout juste d'entamer les travaux préparatoires dans la région de Saint-Georges», explique Mario Saint-Pierre. Le projet sera réalisé en mode traditionnel par le ministère du Transport.

L'autoroute 185

L'actuelle route 185, d'une longueur de 101 kilomètres, part de l'autoroute 20, à Rivière-du-Loup, et se dirige vers le sud en passant par Saint-Louis du Ha! Ha!, Cabano, Notre-Dame-du-Lac et Dégelis, pour ensuite se rendre à la frontière du Nouveau-Brunswick. C'est présentement une route à deux voies, sauf pour la portion de 13 kilomètres située au sud de Rivière-du-Loup (l'actuelle autoroute 85), qu'on transformera en autoroute à deux voies de chaque côté.

«Un premier segment de 6,4 kilomètres entre Saint-Louis du Ha! Ha! et Cabano sera mis en service à l'automne 2009», explique Janine Danville, porte-parole pour le projet au ministère du Transport. Quant aux autres segments du projet autoroutier, ils se trouvent tous à divers stades d'évaluation, de consultation et d'approbation. Le projet sera réalisé par le ministère du Transport en mode traditionnel.

Échangeur Turcot

Le projet de l'échangeur Turcot est sans doute l'un des plus imposants projets autoroutiers à Montréal. Il consiste à démolir l'actuel échangeur pour le remplacer par un nouvel ouvrage. Le projet ne se limite pas seulement à l'échangeur Turcot, car il comprend aussi les échangeurs De La Vérendrye, Angrignon et Montréal-Ouest, ainsi qu'une portion de l'autoroute 20 (entre les échangeurs Turcot et Montréal-Ouest), de l'autoroute 15 (entre les échangeurs Turcot et De La Vérendrye) et de l'autoroute 720 (entre l'avenue Greene et l'échangeur Turcot).

Le projet vise donc la reconstruction des quatre échangeurs sous les structures existantes ou à côté d'elles et le déplacement de l'autoroute 20 et des voies ferrées vers le nord, dans la zone entre les échangeurs Turcot et Montréal-Ouest. Le plan proposé prévoit le remplacement des actuelles structures surélevées et superposées, qui peuvent atteindre à certains endroits une hauteur de 30 mètres, par une construction au sol ou par une construction en remblai. Dans ce dernier cas, l'autoroute est légèrement surélevée, puisqu'elle repose sur un talus, ce qui permet aux autres voies de passer sous la structure. L'accotement de chaque côté sera aménagé et une voie sera réservée pour le transport collectif.

Le projet sera réalisé en mode PPP, mais le consortium n'a pas encore été choisi. Présentement, le projet est devant le BAPE. «Il n'y a présentement pas de travaux, sauf certaines études géotechniques, comme la mesure de la capacité portante des sols, qui sont effectuées, précise Nicole Sainte-Marie, porte-parole du ministère du Transport pour le projet Turcot. Si nous obtenons l'aval, les travaux pourraient débuter à la fin de 2009.» L'échéancier prévoit la mise en service complète en 2016.

Opposition

Bien que ces projets autoroutiers fassent le bonheur de certains, ils ont aussi été l'objet de critiques de la part de certains groupes communautaires et écologistes. Ces derniers ont contesté soit la pertinence même des projets, soit les plans présentés, et parfois la vision du transport autoroutier qu'entretient le ministère du Transport. On se souviendra que plusieurs groupes ont contesté le prolongement de l'autoroute 25, arguant qu'elle ne ferait que contribuer à une plus large utilisation de l'automobile, au détriment des transports collectifs. Un des groupes les plus actifs a pour cible le réaménagement de l'échangeur Turcot.

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Collaborateur du Devoir

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